Quelques albums pour bien commencer l’année

- agf
En cette fin d'année 2011 et ce début d'année 2012, force est de constater que les rédacteurs du m:3, un petit peu dépassés par les événements, n'ont pas vraiment eu le temps d'entretenir ces colonnes. Et pourtant, nombreux sont les bons albums à avoir tourné sur nos platines ces derniers mois. Alors pour reprendre les choses d'un bon pas, je vous propose non pas une chronique musicale comme à l'accoutumée, mais plutôt une petite sélection d'albums qui m'ont accompagné ces derniers temps, à ne pas prendre comme une n-ème revue des meilleurs albums de 2011, mais simplement comme un cabinet de curiosités musicales récentes. Quant à l'ordre dans lequel ces albums sont présentés, il est essentiellement arbitraire et ne reflète pas nécessairement un ordre de préférence...
Tim Hecker
Bien que jeune et discret, le canadien Tim Hecker n'en est pas moins un nom respecté de la scène ambient et expérimentale. Signant depuis maintenant dix ans sur des labels aussi prestigieux que Mille Plateaux ou Kranky, il a su imposer un son délicat et personnel. Ainsi son dernier album Ravedeath, 1972 a défrayé la chronique au début de l'année dernière et a été l'un des disques à tourner sans discontinuer sur les platines de la rédaction, jusqu'à être remplacé ces derniers jours par Dropped Pianos, le nouvel EP de l'artiste.
Le langage C, de Kernighan et Ritchie
Initialement développé à l'aube de l'informatique, entre 1969 et 1973, dans les très prolifiques laboratoires AT&T Bell par Dennis M. Ritchie, le C est un langage de programmation informatique issu du langage BCPL par l'intermédiaire du B. Ce langage de programmation, à la différence de beaucoup d'autres, jouit d'une popularité toujours non démentie. Cela est sans doute dû à ses qualités intrinsèques: relativement bas niveau il offre un accès direct à la mémoire par l'intermédiaire de pointeurs; étant typé il évite un grand nombre d'opérations non intentionnelles et enfin, procédural et à la syntaxe très claire il offre une excellente introduction à la programmation. Ce dernier point se vérifie en premier cycle universitaire où le C figure à presque tous les programmes. "Le langage C" de Kernighan et Ritchie est l'ouvrage de référence sur ce langage. Sa qualité fait qu'il est fréquemment trouvé sur les tables de chevet des étudiants informaticiens.
Essai non transformé pour James Blake
Après plusi
eurs sorties de grande qualité, dont notamment deux EPs très pointus sortis R&S, James Blake avait pris un virage dangereux pour la sortie de son premier album, James Blake, mélangeant crooning et sonorités expérimentales. Ce virage avait cependant été très bien maîtrisé etJames Blake sorti sur Atlas Records en début d'année, quoique trop facile à la longue, avait été une belle découverte. Mais la sortie de virage allait être difficile à négocier, comme en témoigne l'EP qui a pris la suite : Enough Thunder.
1Q84
Présent dans nos colonnes depuis plusieurs années, Haruki Murakami est maintenant devenu un auteur dont il est difficile de ne pas avoir entendu parler. Il en est de même de son dernier roman, 1Q84, qui fait l'objet d'un battage médiatique frisant parfois la vente forcée. De manière surprenante, l'ouvrage semble parvenir à rester en tête des ventes malgré un volume de plus de mille pages (et un budget non moins négligeable de 46€ pour les deux tomes), mais il faut bien l'avouer lire mille pages de Murakami, c'est bien plus simple qu'en lire dix de Jankelevitch. Mais pour 1Q84, il est difficile de dire ce qui est le plus simple de la lecture ou de l'écriture...
Mixcloud ou l’esprit du mix
Passionnés, les DJs sont toujours à la recherche de nouvelles plateformes pour diffuser leur mixes et faire partager avec le reste du monde leurs coups de coeur musicaux. Malheureusement, certaines "autorités" voient dans cet outil de promotion gratuite un risque pour l'industrie du disque (vous noterez au passage qu'on parle déjà plus rarement des risques pour la culture ou la musique). Et c'est ainsi que des plateformes aussi populaires et ouvertes que Soundcloud en arrivent à changer leur politique pour interdire simplement la diffusion de mixes via leur site...
La solitude des nombres premiers, de Saverio Costanzo
Alice et Mattia sont socialement inadaptés. Solitaires, ils demeurent chacun traumatisés par un évènement au cours de leur enfance. Leurs chemins se croisent au collège, alors qu'ils essuient des railleries incessantes de leurs camarades, et c'est tant bien que mal qu'ils construisent une partie de leur vie ensemble sans jamais pour autant se trouver vraiment. Mattia finira par trouver un refuge dans l'immatérialité des mathématiques dans lesquelles il excelle, Alice dans la photographie.
Mammuth, de Benoît Delépine et Gustave Kervern
Je l'avoue sans problème aucun, voir un film de Benoît Delépine et Gustave Kervern me demande toujours pas mal de préparation. J'aime bien ce qu'il font, de Groland à Louise Michelle, j'aime bien; Simplement je pense qu'il faut être dans l'esprit, être prêt à en prendre plein la tronche, à affronter un humour à l'acide qui n'hésite pas à aller très loin, être prêt à accueillir à peu près tout sans coup férir, pour la simple raison que les deux compères sont capables dudit tout. Mammuth n'échappe pas à la règle.
The Tree of Life, de Terrence Malick
Cinquième long métrage d'un réalisateur devenu incontournable depuis The Thin Red Line en 1998, The Tree of Life marque un nouveau pas de Terrence Malick vers un cinéma contemplatif et esthétisant. Le film nous relate l'histoire de Jack O'Brien (Sean Penn), un quinquagénaire qui, une trentaine d'années après le décès de son jeune frère, est touché par la grâce divine et se voit vivre une expérience mystique intense, changeant son rapport au monde. Mais la caméra du réalisateur n'est pas tant braquée sur l'époque où a lieu cette révélation que sur l'enfance que cet homme a partagé avec son frère, tiraillé entre l'autorité implacable de son père et la bienveillance sans faille de sa mère, caractères qui vont marquer sa vie entière.
Représenter la complexité
Prenant petit à petit conscience de la véritable richesse du monde, même les sciences les plus déterministes ont aujourd'hui adopté des modèles statistiques ou heuristiques. Et si nos capacités de modélisation apparaissent souvent suffisantes pour répondre à nos problèmes quotidiens, il ne faut cependant pas oublier que ces théories effectives oublient trop souvent d'apporter l'éclairage nécessaire à une compréhension profonde des phénomènes. Pour aider à mieux comprendre ces systèmes complexes, certains tentent aujourd'hui d'apporter un nouvel éclairage, notamment par le biais de nouvelles méthodes de représentations des données, faisant plus appel à l'intuition qu'à la raison, et Visual Complexity nous en montre les meilleurs.
