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Un relent de mauvais gout

Posté le 6 octobre 2009

Laffiche du film

L'affiche du film

C'est en 1985 que Le Parfum de Patrick Süskind est publié. Ce livre remportera un fort succès les années suivantes auprès des professeurs de français et d'allemand qui l'infligeront à plusieurs reprises à toute une génération de lecteurs dont je fais partie. "Infliger" peut sembler être un terme fort car le livre n'est pas si mauvais, mais quand vous en êtes à la troisième lecture, vous commencez tout de même à en avoir fait le tour, surtout à un âge où il y a tant à découvrir...

Cette lassitude fait qu'il m'aura fallu attendre quelques années avant de tenter de regarder l'adaptation cinématographique de Tom Tykwer sortie en 2006. Mais le temps s'étant écoulé, c'est même avec un certain enthousiasme que je me lançais dans le visionnage de ce film et c'est même pour cela que ce film se retrouve maintenant sur ce site. En effet, nous avons pour habitude de ne pas saccager des ouvrages ou des films à moins que ceux-ci nous aient fait nourrir quelque espoir avant des les noyer.

La critique étant un art aisé, je tâcherai d'être concis. Le film souffre avant tout d'une image à l'esthétique très lourde, usant et abusant des effets de camaïeux. Les décors sont excessifs, les personnages et les costumes à la limite du grotesque. Le montage brusque est à la fois incohérent et désagréable.  L'esthétique du film fait finalement plus penser à un clip qu'à autre chose.

Le scénario est certes plaisant (si tant est qu'on ne le connaît pas déjà) mais là où on aurait pu faire un film inquiétant, le réalisateur a voulu en faire un film d'horreur dans les canons du genre. Comprenez par là que le film porte son lot de scènes gores et de sursauts sonores.  Le réalisateur se complaît dans une imagerie vulgaire et éculée de l'horreur alors que plus subtilement trâité, le thème aurait pu jouer sur la corde malsaine ou perverse, façon Lynch ou  Cronenberg.

Bien sûr, je pense simplement ne pas avoir été le coeur de cible du film. Objectivement, Le Parfum s'adresse à un public d'adolescents en quête de petits frissons dans des salles obscures. C'est une bien piètre vision d'une oeuvre qui, sans être grandiose, méritait tout de même bien mieux que ça.

Posté par greg

Co-fondateur du m:3. Amateur de musiques électroniques, en particulier de musiques minimalistes et abstraites. Toujours à la recherche de l'underground et opposé à l'idée même d'"industrie culturelle". Mathématicien le jour, DJ la nuit. Après avoir vécu dans la capitale des Gaules, de la France et au Québec, s'est exilé dans la Caraïbe pour cacher la fortune amassée grâce à ses recherches fondamentales et à ses concerts, il semble cependant miraculeusement absent des fichiers Offshore Leaks.
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