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Park Chan Wook – Je suis un cyborg

Posté le 16 octobre 2009

L'affiche

L'affiche

Park Chan Wook est le réalisateur derrière ce qu'il est convenu d'appeler la trilogie de la vengeance, à savoir Sympathy for Mister Vengeance,Old Boy et Lady Vengeance. On avait regretté que des trois seul le second présente un réel intérêt pour le spectateur, mélangeant réflexions, rhytmes, genres et esthétique.

Park Chan Wook réalisateur sud-coréen, nous revient aujourd'hui avec un nouveau film, Je suis un cyborg, qui, s'il est plus poétique et plus maîtrisé qu'Old Boy n'en présente pas moins les même défauts. L'histoire est celle du jeune fille qui pense très sérieusement être un cyborg, et qui suite à une tentative de rechargement via un prise électrique, est internée dans un hôpital psychiatrique, où réside déjà Park Il Soon, un patient qui va vite tomber amoureux du charme si particulier de la demoiselle.

Histoire d'amour donc, mais aussi comédie dramatique. Et dans une moindre mesure, réflexion sur la tolérance au sein de nos sociétés, réflexion sur le regard que nous portons sur ceux qui agissent différemment. L'une des richesses de Je suis un cyborg tiens en effet en sa galerie de personnages, qu'ils soient les principaux ou secondaires. Il y à la mère, obsédée par la viande, la grand-mère qui pensait être une souris et ne se nourrissait que de navet bouilli... Il y a le docteur, qui semble constamment au bord de la crise de nerfs... Et il y a les autres malades, comme celui qui ne marche qu'à l'envers à cause du profond respect qu'il éprouve pour tout le monde, se sentant la cause de tous les malheurs, la mangeuse compulsive qui pense avoir inventé un procédé pour voler basé sur des chaussettes. Tous ces acteurs jouent leurs rôle très justement, et c'est donc une histoire d'amour dans une société de fous qui est dépeinte.

Pour servir le tout, Park Chan Wook se sert une fois de plus d'un patchwork de nombreuses esthétiques dont il ne prend que les codes qui lui serviront le plus et les mélange avec une grâce et une maîtrise certaine. On regrettera en revanche l'utilisation d'image de synthèse dans certaines scènes qui desservent plus le projet, car incrustées sans aucun soucis d'intégration. Ces effets spéciaux, bien que récents, commencent dors et déjà à détonner.

Mais comme nous l'avons dit, le film présente les mêmes erreurs que l'un de ces prédécesseurs, Old Boy. Ainsi, si Park Chan Wook a nombre d'idées intéressantes qu'il sait parfaitement combiner pour obtenir un univers riche et cohérent, il se laisse parfois emporter dans certains méandres qui portent atteinte au rythme de son histoire, qui peuvent perdre quelque peu le spectateur. C'est ainsi le cas lorsqu'il fusionne sans trop de raison apparente les différents délires de tous les pensionnaires de l'asile.

Nonobstant ses quelques petits défauts, Je suis un Cyborg est une oeuvre superbe, une histoire d'amour comme seuls les asiatiques savent les raconter, prenant place chez le docteur Plume et le professeur Goudron. Le propos en est décalé et poétique, les couleurs chatoyantes, le tout regorge d'un humour subtil et d'une tendresse généreuse. Un film à voir pour s'ouvrir sur d'autres mondes.

Posté par tibo

Co-fondateur du projet, passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la culture au sens large, des jeux vidéo aux arts graphiques en passant par la musique, je cherche avant tout à faire partager mes coups de coeurs tout en découvrant de nouveaux sujets.
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