Magm3 guide informel de nouvelles cultures depuis le siècle dernier

1974, de David Peace

Posté le 29 novembre 2009

davidpeace19741974, Yorkshire. Trois gamines ont disparu. Deux ont déjà été retrouvées mortes. Il ne faudra pas longtemps avant que l'on ne découvre que la troisième a subi le même sort. Peu d'indices. Affaire très politique. La population crie vengeance. La police cherche un coupable ou un bouc émissaire.

Le narrateur : Edward Dunford. Journaliste à l'Evening Post. Palmarès : une première affaire de meurtre à son actif. Problème : pas très copain avec la police, au contraire du journaliste vedette en matière de crimes et trucs sordides, Jack Whitehead. D'où rivalité.

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Construire un feu, de Chabouté

Posté le 28 novembre 2009

Construire un feu

Construire un feu

A l'origine, Construire un feu est une nouvelle de Jack London. Une nouvelle impressionnante mettant en scène un pionnier qui, comme nombre de ses homologues à la fin du XIXème siècle, va être emporté par le froid dans le grand Nord américain. Nous suivons ainsi la marche inéluctable de ce pionnier vers sa mort, dont la courte survie dans le froid ne dépendra que de sa capacité à pouvoir faire un feu. Construire un feu est une parfaite illustration de cette folie vaniteuse qui a emmené des hommes affronter une nature indomptable dans le seul but d'en ramener quelques richesses. Très symbolique, la nature décidera d'emporter cet homme dont la survie est par trop artificielle alors qu'elle épargnera le chien du pionnier, que l'absence d'orgueil amène à un comportement plus en accord avec la nature qui l'entoure.

Cette fameuse nouvelle de Jack London a été magnifiquement illustrée par Chabouté dans l'adaptation du même nom éditée par Vents d'Ouest en 2007. Très inspiré, Chabouté a su réellement s'approprier le texte de Jack London et parvient à nous proposer une BD très forte bien que silencieuse et essentiellement graphique. La seule voix que l'on entend est celle de la Nature, qui juge cet homme en proie au froid. Une voix qui dénonce cette vanité humaine et la condamne avec une froideur terrible.

Quand la réalité devient un effet spécial…

Posté le 28 novembre 2009

Ceci n'est pas une miniature...

Ceci n'est pas une miniature...

Le tilt-shift est une méthode photographique très en vogue ces dernières années. A l'origine, cette dénomination se réfère à des photographies prises à l'aide de certains objectifs particuliers apparus dès les années 60-70 mais avec les méthodes numériques,  ceci n'a plus guère de sens. En fait, maintenant, le terme désigne plutôt un effet spécial classique que permettaient ces objectifs, à savoir, faire en sorte qu'une photographie d'une scène réelle ressemble autant que faire se peut à un cliché de maquette.

(Re)découvrir Razor Images

Posté le 27 novembre 2009

Razor imagesCet article est une remise à jour d'un article initialement publié le 17 Janvier 2007 dans nos colonnes.

Razor, AKA Sylvain Lucchina, était dans nos pages depuis de nombreuses années et force est de constater qu'il a fait un sacré bout de chemin depuis l'an 2000. Après avoir travaillé pour l'entreprise Integral Media dont  il est devenu directeur artistique, il a eu l'occasion d'être game-designer, a travaillé en tant que designer pour différentes entreprises, puis a finalement monté  sa propre agence en 2003, du nom de Razor Images.

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Mother Sarah

Posté le 26 novembre 2009

Mother Sarah

Mother Sarah

Edité au Japon dès le début des années 90, Mother Sarah a été publié en France sous la forme d'une série de 11 tomes par les éditions Delcourt entre 1996 et 2006.  Scénarisée par Katsuhiro Otomo et dessinée par Takumi Nagayasu, Mother Sarah est une fresque post-apocalyptique, regorgeant d'action, transgressant souvent l'étroite frontière de la série B mais cependant, pas totalement dénuée d'intérêt.

Comme à son habitude, Katsuhiro Otomo n'a pas beaucoup épargné la planète Terre. Quand je parle de fresque post-apocalyptique, je devrais plutôt parler de fresque post-post-apocalyptique. La Terre a en effet été ravagée par une guerre nucléaire contraignant les survivants à s'exiler dans des stations orbitales. De là, certains survivants sont parvenus à lancer une bombe de forte puissance sur Terre pour dévier son axe de rotation et recouvrir les parties irradiées sous la glace, rendant un retour sur Terre possible. Mais la guerre civile fait rage dans les colonies spatiales et, au moment de quitter les colonies, Sarah, prise dans une fusillade, va être séparée de sa famille. Jurant de retrouver sa fille et ses deux fils, elle va alors se mettre à écumer cette Terre dévastée à leur recherche.

There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson

Posté le 23 novembre 2009

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Article initialement publié sur magm3.com le 1er Mars 2008.

Serions-nous en train d'assister à une espèce de renouveau d'un genre qui était presque complètement abandonné depuis quelques années : le western ? La question se pose, à mon avis, si l'on considère que les frères Cohen ont décidé de le moderniser, et que le nouvel opus de Paul Thomas Anderson s'y déroule entièrement.

There Will Be Blood peut se traduire par "Ca va saigner", ou plus littéralement par "Il y aura du sang". Et effectivement, il va y avoir du sang.

Zoé, de Chabouté

Posté le 21 novembre 2009

Zoé

Zoé

Christophe Chabouté s'est imposé ces dix dernières années comme l'une des têtes pensantes de la BD d'auteur française classique. Zoé, son troisième ouvrage, édité chez Vents d'Ouest en 1999 a très certainement participé à cette renommée.

A sa sortie de prison, la jeune Zoé décide d'aller habiter l'ancienne maison de famille dont elle a hérité pendant sa détention. Cette maison se trouve à La Goule un village perdu de la campagne française avec son curé, son médecin et le sympathique idiot du village : Hugo, qui collectionne les crânes d'animaux. L'adaptation dans cette communauté hors du temps ne s'annonce peut-être pas aussi difficile que ce à quoi elle aurait pu s'attendre.  Les villageois ne sont pas hostiles et Hugo est un compagnon affectueux et sympathique. Les choses se compliquent quand elle découvre que la collection de crânes de ce dernier comporte bon nombre des crânes humains, déterrant ainsi un lourd secret dont le village est porteur...

Les monstres invisibles de Chuck Palahniuk. Du néo-gothique au néo-grotesque.

Posté le 20 novembre 2009

694Introduction

Dans Generation X (1991), premier roman de Douglas Coupland et manifeste d’une mouvance sociale qui connut ses heures de gloire aux Etats-Unis et en Angleterre durant la période d’angoisse postmoderne fin de siècle, voire de millénaire, des années 1990, le narrateur, yuppie trentenaire désabusé à la retraite et exilé volontaire à Palm Springs, médite sur les choix négatifs qui furent les siens et laisse échapper une remarque prophétique au sujet de certains prédateurs domestiques rôdant dans les arrière-cours des cliniques de chirurgie esthétique :

I look east over the San Andrea fault that lies down in the middle of the valley like a piece of overcooked meat. Soon enough the sun will explode over that fault and into my day like a line of Vegas showgirls bursting on stage. My dogs are watching, too. They know that an event of import will happen. These dogs, I tell you, they are so smart but they worry me sometimes. For instance, I’m plucking this pale yellow cottage cheesy guck from their snouts (…) and I have this horrible feeling, for I suspect these dogs have been rummaging through the dumpsters out behind the cosmetic surgery center again, and their snouts are accessorized with, dare I say, yuppie liposuction fat. (4)

Tanâtos, de Convard et Delitte

Posté le 20 novembre 2009

Tanâtos

Tanâtos

Tanâtos. Un titre un peu racolleur qui aurait plutôt tendance à faire reculer qui a déjà passé la puberté. Mais bon, en tant que grand amateur de Didier Convard dans ma jeunesse, je me suis dit qu'il ne pourrait pas être parfaitement inintéressant de se tourner vers ce diptyque édité entre 2007 et 2008 par les éditions grenobloises Jacques Glénat. Qui plus est, le background est d'emblée attrayant. Tanâtos nous amène à Paris, à la veille de la première guerre mondiale. Aux côtés de Jean Jaurès, nous assistons à l'approche d'une guerre qui semble de plus en plus inévitable. Certains oeuvrent à la paix alors que d'autres, des marchands d'armes notamment, semblent avoir tout intérêt à ce que cette guerre se déclenche. Se nouent alors des intrigues politiques autour de l'hypothétique conflit. Mais ne vous y trompez pas, c'est bien d'uchronie qu'il s'agit et non pas d'une fresque historique.

La Quatrième Main, de John Irving

Posté le 17 novembre 2009
la quatrième main de John Irving
la quatrième main de John Irving

Patrick Wallingford n'avait réellement pas marqué les esprits. Moyen en tout, il était plus de ceux qui se laissent glisser sur la vague. Son succès auprès des femmes était essentiellement dû au fait qu'il était incapable de dire non, allié à un peu de charme naturel. Et son travail de journaliste sur une chaîne d'"info" 24/24 ne le satisfaisait pas pleinement, essentiellement à cause de la notion même d'information que ces chaînes appliquent, à savoir du fait divers absurde et grotesque, si possible larmoyant, et impliquant un décès.

Mais c'est justement un fait divers, retransmis en direct sur cette même chaîne qui va changer sa vie. Car un lion décide de déjeuner de la main gauche de Wallingford, sans demander l'avis de ce dernier. C'est ainsi que le lecteur en apprendra plus sur le docteur Zajac, qui ne rêve que d'exécuter la première greffe de la main réussie aux Etats-Unis, voire dans le monde. Mais comme de bien entendu, avec John Irving, les choses ne se déroulent jamais comme elles seraient censées le faire.