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L’imaginarium du Docteur Parnassus, un film de Terry Gilliam

Posté le 12 novembre 2009

imaginariumparnassusC'est une vieille roulotte brinquebalante, faite de brics et de brocs et qui grince et craque de partout, tirée par deux chevaux. Elle n'est pas petite, mais assez grosse, car elle loge comédiens et théâtre, qui s'installent sur des places miteuses et dans des fêtes foraines un peu glauques, dans l'espoir d'attirer le chaland. Mais l'histoire est celle, éternelle, de la lutte du bien contre le mal, et puis un peu celle du fou qui parie contre le diable.

Il y a beaucoup dans ce film. Il y a le fou qui parie contre le diable, on l'a dit, cette vieille légende servira de base et le diable, ce sera un incroyable Tom Waits. On reconnaîtra du Boulgakov dans la manière de considérer le diable comme un agréable dandy d'âge moyen, fumant au porte-cigarette, il y a du Lewis Carroll dans la façon de passer de l'autre côté du miroir, et surtout, il y a beaucoup de Terry Gilliam.

Il y a la folie grandiose et dantesque des Aventures du Baron de Munchausen, il y a l'esthétique des collages et du non-sens des Monty Python, il y a du Fisher King dans ces saltimbanques presque mendiants et on on pourrait encore égrainer pendant des heures les références et les similitudes de ce film avec d'autres oeuvres, de Gilliam ou non.

Car L'imaginarium du Docteur Parnassus est son oeuvre la plus aboutie depuis bien longtemps, une oeuvre qui fait appel à tout son savoir faire en matière de cinéma, de narration, d'ambiance et de photographie, une oeuvre qui fait également appel à de nombreuses influences, et qui passe de la comédie au drame au surréalisme et puis retour. Pendant deux heures on ne souffle pas, et l'on reste accroché aux lèvres de celluloïd de Gilliam qui nous raconte une histoire, une de celles qui font l'univers et qui donc se termine sans morale, ou bien avec celle que l'on veut y voir. C'est notre choix. Car Gilliam est un facilitateur de situations, il les imagine et nous les propose et c'est à nous de les conclure et de les interpréter. Et nous laisserons donc chacun en tirer sa propre conclusion.

Posté par tibo

Co-fondateur du projet, passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la culture au sens large, des jeux vidéo aux arts graphiques en passant par la musique, je cherche avant tout à faire partager mes coups de coeurs tout en découvrant de nouveaux sujets.
Commentaires (2) Trackbacks (0)
  1. Quand tu dis « son oeuvre aboutie depuis bien longtemps », as-tu vu Tideland sorti en 2005? J’ai personnellement trouvé que c’était un excellent film. Il faut croire qu’il a eu une bonne série dans ces dernières années.

    Personnellement, j’ai commencé doucement une rétrospective Gilliam il y a quelques semaines avec ses anciencs films que je n’avais pas encore vus. Il y avait The Fisher King que tu mentionnes, sympathique mais sans prétention. Et puis Time Bandits qui, à part sa trame scénaristique délicieuse, est tout simplement irregardable.

    Je n’étais pas encore arrivé à Parnassus mais vu ta chronique, je vais voir si ça passe dans mon bled.

  2. Oui, j’ai vu Tideland, que j’ai en DVD d’ailleurs, et que je trouve également très bien. Je dirais que l’imaginarium se classe dans la même veine au niveau scénaristique, si on enlève tout le côté bien glauque de Tideland.

    Je trouve même que l’imaginarium semble marquer une nouvelle étape (du moins je l’espère) dans la filmographie de Terry Gilliam au sens où il mélange absolument toutes les techniques qu’il a pu utiliser sur ses précédents films.

    Quant à Time Bandits, j’ai le même avis que toi sur ce film. Le scénario est excellent, mais les effets spéciaux antédiluviens qui pouvaient être le summum de l’ambition de l’époque le rende très pénible à regarder.

    Je doute, j’espère qu’il n’en sera pas de même avec l’imaginarium qui ne propose pas d’effets spéciaux spectaculaires mais plutôt des choix artistiques cohérents. Certains effets prendront probablement un coup de vieux (c’est toujours le problème), mais je pense qu’ils garderont un certain charme, voire un charme certain, à la manière de ceux de Fear and Loathing.


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