1974, de David Peace
1974, Yorkshire. Trois gamines ont disparu. Deux ont déjà été retrouvées mortes. Il ne faudra pas longtemps avant que l'on ne découvre que la troisième a subi le même sort. Peu d'indices. Affaire très politique. La population crie vengeance. La police cherche un coupable ou un bouc émissaire.
Le narrateur : Edward Dunford. Journaliste à l'Evening Post. Palmarès : une première affaire de meurtre à son actif. Problème : pas très copain avec la police, au contraire du journaliste vedette en matière de crimes et trucs sordides, Jack Whitehead. D'où rivalité.
Peace n'a rien de paisible. Il est minimal, trois ou quatre noms et adjectifs lui suffisent à poser un décor. Les phrases sont courtes, les personnages tourmentés. L'action se déroule au fur et à mesure des whiskeys et des bières que s'enfile Dunford, avant de rouler à 160 à travers le Yorkshire pour aller interroger les gens, les parents des victimes, les potentiels témoins. Et de temps en temps, il est lui-même potentiellement témoin d'événements qu'il ne devrait pas voir. Et comme ile n'est pas très pote avec la police...
Ce livre est son premier. A sa sortie, Peace fut immédiatement comparé à Ellroy, James. Pourtant, il est plutôt du côté opposé. Style tout aussi noir, tout aussi peu d'espoir en l'homme, tout aussi peu de clémence pour ses protagonistes. Mais Ellroy développe ses intrigues à travers les toiles de fond qu'il met en place. Peace, lui, les développe avec ses personnages. Ellroy décrit un milieu, une ville, des situations et des sociétés pourries. Peace passe par la détresse des Hommes. Au final, les deux sont tout aussi noirs et brillants, mais radicalement opposés dans leurs approches, qui aboutissent pourtant au même résultat : des polars brillants qui font froids dans le dos tellement ils semblent toucher juste.
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