Magm3 guide informel de nouvelles cultures depuis le siècle dernier

Tetro, de Francis Ford Coppola

Posté le 24 décembre 2009

Résumer le scénario de Tetro en quelque lignes, sans en dévoiler toute l'intrigue est assez difficile, tant le film est riche. Mais tout commence avec l'arrivée à Buenos Aires de Benjamin, qui vient retrouver son frère chez lui, alors qu'il ne l'a pas vu depuis des années, et que ce dernier à rompu tout lien avec sa famille, à l'origine pour se consacrer à l'écriture. C'est ce frère qui se fait désormais appeler Tetro, afin que rien ne subsiste de son passé.

Tetro, le film, est avant tout une saga familiale qui montre l'importance de la famille, du clan, son influence sur la manière dont ses membres se construisent. Mais Tetro, c'est aussi une tragédie. On apprendra vite que c'est le père commun qui est à la source de la confrontation que vont devoir se livrer les deux frères. Tetro, c'est Oedipe pour tout les soucis avec le père et Electre pour sa mise à distance et la reconstruction, la reconquête du frère. Tetro, c'est la plus classique des tragédies, mais dans un écrin somptueusement moderne.

James Dieu

Posté le 23 décembre 2009

James Dieu

Dieu est un sosie d'Elvis Presley alcoolique qui habite au fond d'une vieille canette de Coca-Cola. Il a vomi le monde il y a une éternité suite à une cuite au Whisky. Depuis, il regarde les hommes mourir avec amusement. Les quelques rares miracles qu'il accomplit ont pour seul but de l'amener dans le lit d'une femme facile.

Quant à Jésus, c'est un baba-cool toxicomane qui ne cesse de geindre car son père refuse de le reconnaître. Ces découvertes vont être faites par un immigré mexicain, vivant à New-York et ayant travaillé de nombreuses années chez Coca-Cola avant de se faire virer. Sa foi, pourtant initialement inébranlable, va en prendre un sacré coup...

La Demeure du Chaos

Posté le 19 décembre 2009

La Demeure du Chaos

La Demeure du Chaos

La Demeure du Chaos (DDC) est un projet artistique, créé en 1999 par Thierry Ehrmann dont le but est de dédier totalement un lieu à un art contemporain apocalyptique, déviant et chaotique. Plus qu'un musée la DDC est une oeuvre d'art en elle-même, les créations artistiques, permanentes, s'intégrant directement dans la structure même du bâtiment. Evolutive, elle ne cesse de s'enrichir de nouvelles créations protéiformes.

On peut ne pas adhérer à l'esthétique des oeuvres. Elles sont toujours dérangeantes, souvent provocatrices et dans tous les cas, elles bousculent violemment la morale. Personnellement, je trouve cette création fascinante. Là où une violence polie arrive sur les écrans de tout un chacun sans que cela ne dérange personne, la DDC la laisse s'exprimer sous ses formes les plus primitives. Elle respire la peur et la haine, elle nous confronte à la violence véritable.

XLR8R

Posté le 18 décembre 2009

Né à Seattle dans les années 90 et maintenant à cheval entre New York et San Francisco, XLR8R est à l'origine un magazine bimestriel dédié aux musiques électroniques et plus précisément au versant Intelligent Dance Music (IDM), si tant est que ce terme a un sens. On n'y trouvera donc pas les Tiesto et autres David Guetta mais plutôt du dubstep, de la techno minimale et tous les autres mouvements underground dignes d'intérêt.

Bien qu'elle en vaille la peine, ce n'est pas tant sur la version papier de ce magazine que je voulais attirer votre attention que sur la version web. Vous y trouverez  des articles sur l'actualité de l'IDM, des chroniques quotidiennes de disques (ne se limitant pas toujours à l'IDM d'ailleurs), une rubrique XLR8R TV avec des reportages sur les grandes métropoles et, surtout, une excellente rubrique podcasts.

La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano

Posté le 10 décembre 2009

solitude

Alice et Mattia sont deux jeunes qui survivent tant bien que mal à un traumatisme subi dans leur enfance. Alors que son père la pousse à faire du ski de compétition, activité qu'elle déteste, Alice fait une chute qui la laissera handicapée physique. La sœur jumelle de Mattia, handicapée mentale, disparaît après qu'il l'a abandonnée dans un parc afin de se rendre seul chez un camarade. Écrasé par la culpabilité, il se renferme sur lui même et trouve refuge dans les mathématiques et l'auto-mutilation. Alice dans la photographie et l'anorexie.

Le livre raconte comment leurs chemins se croisent, régulièrement et tout au long de leur vie. Se rapprochant sans jamais vraiment pouvoir se trouver.

True Blood, saisons 1 & 2

Posté le 9 décembre 2009

truebloodL'action de True Blood se passe essentiellement dans la petite ville de Bon Temps, Louisiane. Louisiane profonde, d'ailleurs... Comprenez par là que Bon temps est rempli de rednecks, dont la traduction la plus proche reste "péquenots". Bon Temps est donc une de ces nombreuses villes où la plupart des activités consiste essentiellement à aller chercher quelques drogues chez le dealer du coin, à aller boire des bières au café/restaurant du coin en espérant y rencontrer une minette pas trop farouche avec laquelle on pourra continuer la nuit, avant de remettre ça le lendemain.

Et pourtant Bon temps regorge d'une quantité de gens peu ordinaires. Outre Sookie Stackhouse (Anna Paquin), télépathe, on y pourra rencontrer Bill Compton (Stephen Moyer), vampire ayant participé à la guerre de sécession, une autre personne qui change de forme et d'autres joyeusetés plus ou moins mythiques ou mythologiques dont je vous laisserai la surprise. Autant dire que le vétéran de la guerre d'Irak un peu traumatisé et le tueur en série font presque office d'anecdote.

Balmorhea : le son d’une nature sauvage et silencieuse

Posté le 6 décembre 2009

Formée en 2006 à Austin, Texas, Balmorhea est un quintet constitué de Aisha Burns, Michael Muller, Nicole Kern, Rob Lowe et Travis Chapman. La musique de Balmorhea, purement instrumentale, s'articule autour du violon, du violoncelle, du piano,  de la guitare sèche et du banjo. Essentiellement néo-classique, leur musique est tout de même teintée d'influences post-rock, post-folk matinées d'une étonnante touche country.

En 2007 Balmorhea sort un premier album auto-produit portant le nom de la formation. C'est en 2008 que sort leur premier véritable album, River Arms , sur le label texan Western Vinyl. Développant une musique purement néo-classique, River Arms est un album profondément romantique, extrêmement agréable et doux, faisant penser à Amiina, Eluvium... On lui reprochera seulement de parfois manquer un peu de personnalité.

Cherry Tree, de Burning Right

Posté le 5 décembre 2009

cherry tree FrontSi les écossais de Burning Bright n'ont pas que les trois lettres qui forment le mot "sot", ils ont en revanche trois titres qui forment le fort sympathique maxi Cherry Tree. "Trois titres ? Mais n'est-ce pas un peu court ?" demanderont certains. Ma foi, trois bons titres maîtrisés sont une bonne occasion de se faire connaître, en attendant mieux.

Musicalement, Burnign Bright est un groupe de hip-hop plutôt classique. Rien de révolutionnaire, chez ces jeunes gens, juste une musique bien maîtrisée. Aberdeen propose quelques boucles rythmiques sympathiques, agrémentées de quelques notes de sax un peu jazzy, sans pour autant tomber dans le pur jazz hop. Ce même sax sera remplacé par ce qui ressemble fort à une trompette sur Despair Resistant Care Assistant et par une flûte sur Cherry Tree. Sur les trois morceaux, on retrouvera également les classiques samples de dialogues qui fleurissaient à une certaine époque sur nombre de morceaux. Ce sera d'ailleurs les seules paroles de Cherry Tree, morceau instrumental dans la pure tradition des maxi hip-hop, mais néanmoins bien maîtrisé.

Quant au flow des MCs, ils sont plutôt intéressants, et surtout réussissent à parfaitement s'intégrer dans les instrumentaux proposés par le producteur. Le tout est disponible gratuitement sous licence Creative Commons sur le site du net label Black Lantern Music. Sans être non plus un must have, Cherry Tree n'en reste pas moins un maxi très sympathique à écouter pour les petits moments d'errements du quotidien.

1977, de David Peace

Posté le 3 décembre 2009

davidpeace19771977. Pour certains la collusion des deux 7 est signe d'apocalypse imminente. Pour d'autres, c'est l'année du Jubilé. C'est aussi le deuxième tome de la Tétralogie du Yorshire de David Peace, deuxième tome qui se déroule tout au long de cette année. Si le premier se basait sur des disparitions et des meurtres d'enfants, ce deuxième tome s'axe sur le fait divers de l'éventreur du Yorshire. Depuis 1975, un homme assassine les prostituées, poussant la parodie jusqu'à accomplir certaines de ses basses besognes dans le quartier Whitechapel de Leeds. Le premier éventreur, Jack, de Londres, opérait dans un quartier homonyme. Et notre éventreur de faire comme son prédécesseur, situer son adresse en enfer, et écrire à la presse.

Changement de narrateur pour ce deuxième tome, et évolution dans le style. Ce dernier devient moins minimal, mais reste toujours aussi sombre. Le seul moment de lumière qu'accorde l'auteur à l'un de ses deux narrateurs, ne servira qu'à le plonger plus loin dans les ténèbres. Nos deux narrateurs ne sont pas inconnus aux lecteurs du premier tome : Jack Whitehead, journaliste criminel de l'année, qui ne cessait de rappeler sa supériorité au narrateur de 1974 tout au long de leurs rencontres. Le personnage prend ici son sens comme une figure du Yorkshire, et l'on découvre d'autres facettes de celui-ci, que celle un peu légère du premier tome.

Van Gogh en plus de 800 lettres

Posté le 1 décembre 2009

C'est une assez incroyable entreprise dans laquelle s'est lancé le Musée Van Gogh d'Amsterdam : l'édition, sur plusieurs supports, de plus de 800 lettres de Van Gogh, et d'autres qui lui ont été adressées. Une édition papier, mais surtout un site web, qui sera l'objet de notre propos ci-après. Pour ceux qui en voudraient un premier aperçu avant de continuer, l'adresse est la suivante : http://www.vangoghletters.org.