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1977, de David Peace

Posté le 3 décembre 2009

davidpeace19771977. Pour certains la collusion des deux 7 est signe d'apocalypse imminente. Pour d'autres, c'est l'année du Jubilé. C'est aussi le deuxième tome de la Tétralogie du Yorshire de David Peace, deuxième tome qui se déroule tout au long de cette année. Si le premier se basait sur des disparitions et des meurtres d'enfants, ce deuxième tome s'axe sur le fait divers de l'éventreur du Yorshire. Depuis 1975, un homme assassine les prostituées, poussant la parodie jusqu'à accomplir certaines de ses basses besognes dans le quartier Whitechapel de Leeds. Le premier éventreur, Jack, de Londres, opérait dans un quartier homonyme. Et notre éventreur de faire comme son prédécesseur, situer son adresse en enfer, et écrire à la presse.

Changement de narrateur pour ce deuxième tome, et évolution dans le style. Ce dernier devient moins minimal, mais reste toujours aussi sombre. Le seul moment de lumière qu'accorde l'auteur à l'un de ses deux narrateurs, ne servira qu'à le plonger plus loin dans les ténèbres. Nos deux narrateurs ne sont pas inconnus aux lecteurs du premier tome : Jack Whitehead, journaliste criminel de l'année, qui ne cessait de rappeler sa supériorité au narrateur de 1974 tout au long de leurs rencontres. Le personnage prend ici son sens comme une figure du Yorkshire, et l'on découvre d'autres facettes de celui-ci, que celle un peu légère du premier tome.

Deuxième narrateur, Bob Fraser, membre de la peu glorieuse police du Yorkshire, un peu plus droit que les autres, mais loin d'être irréprochable également. A travers ses yeux, le lecteur suivra la partie policière de l'enquête opposée à celle journalistique de Whitehead.

Et puis les extraits de transcriptions d'une émission de John Shark, pour situer les faits dans la chronologie. Ainsi se déroule ce deuxième tome, qui enfonce un peu plus le clou de la noirceur dans l'oeuvre de Peace, qui le rapproche encore un peu d'Ellroy, mais à se propre manière. Moins minimaliste, le style n'en reste pas moins épuré et direct. Moins rapide, le rythme reste un élément essentiel de cette oeuvre, plongeant le lecteur dans un Yorkshire crasse où les intérêts personnels entrent en conflit presque ouvert avec ceux de la communauté, où les personnages tentent de survivre au maelström dans lequel ils sont embarqués, qui détruit petit à petit le confort et la sécurité qu'ils connaissent pour les pousser dos au mur, les obliger à faire face ou à être broyés par un système qui veut un coupable rapidement, un coupable sur lequel toute la haine d'une région pourra se déverser.

Noir et brillant.

Posté par tibo

Co-fondateur du projet, passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la culture au sens large, des jeux vidéo aux arts graphiques en passant par la musique, je cherche avant tout à faire partager mes coups de coeurs tout en découvrant de nouveaux sujets.
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