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These Four Walls des We Were Promised Jetpacks

Posté le 8 septembre 2010

"Nous sommes plus vieux que Ghostbusters 2. Nous sommes plus jeunes que Ghostbusters". Voilà ce que l'on peut lire sur la page myspace des We Were Promised Jetpacks. Ces deux chef d'œuvre, respectivement de 1989 et 1984, donnent une idée de la jeunesse des musiciens qui composent ce groupe écossais qui sort avec These Four Walls un premier album sur Fat Cat. Dans la (récente [1]) ligne éditoriale du label anglais il s'agit d'un disque à catégoriser dans le bac rock indépendant dont la vigueur et la fraîcheur en font une sortie de l'année 2009 à retenir.

We Were Promised Jetpacks... un nom intriguant qui pourtant ne signifie rien: "We don't even care about jetpacks. In fact, I hate jetpacks." ("On se moque même des jetpacks. A vrai dire, je hais les jetpacks."), pour une musique que le groupe définit d'une manière évocatrice: "C'est juste de la musique avec des guitares, qui est parfois bruyante et parfois calme" (cf la même interview). Décidément, les WWPJ aiment les aphorismes, et nous ne sommes guère avancés...

A l'origine du groupe, comme souvent, il y a une bande d'amis qui sur les bancs du lycée commence à former un groupe de rock... De fil en aiguille ils créent une page myspace, sur laquelle ils deviennent "amis" avec Frightened Rabbit, autre très bonne signature écossaise de Fat-Cat. C'est par ce biais qu'ils sont remarqués par l'équipe du label, une histoire qui aurait presque de quoi redonner foi en myspace...

Musicalement, si l'influence de Frightened Rabbit, et dans une moindre mesure de The Twilight Sad (tous deux très respectés par le groupe) se fait sentir tout au long de l'album, WWPJ offre un album fougueux, parfois très brut, où la jeunesse du groupe transparaît de façon claire, et c'est en cela que je qualifierais cet album d'authentique et de rafraîchissant. Cette fougue est parfois le seul élément qui sauve certains morceaux tels Quiet Little Voices, qui n'a aucun autre intérêt que d'être entraînant. Musicalement en effet c'est du déjà vu, des centaines de fois même. C'est bien exécuté (réchauffé dirais-je même), mais cela ne suffit pas.

Mais heureusement, leur véritable talent ne réside pas dans leur capacité à ré-exécuter ce qui fait le succès des groupes de variété-rock sur les radios de la bande FM. Et d'autres morceaux font preuve de plus de créativité. Je retiens particulièrement This is My House, This is My Home, dont les paroles m'évoquent immanquablement quelque scénario lovecraftien (mais on ne se refait pas) et la musique semble avoir été composée sur mesure. Keeping Warm, quant à lui, reprend le poncif du morceau construit en une longue montée instrumentale. Avec nos références post-rock (Constellation, Mogwai (des débuts encore...), etc.), on aurait pu soupirer par avance, du moins les attendre au tournant... À vrai dire, les WWPJ sont parvenus à insuffler la même pointe de fougue qui caractérise le reste de leur album dans cet exercice, et ça fonctionne. Le seule reproche à formuler vient cette fois des paroles, particulièrement niaises de bons sentiments et d'optimisme dégoulinant. Ils auraient cette fois dû s'abstenir. Si vous avez la possibilité de ne pas vous concentrer sur l'anglais et donc juste vous laissez bercer par le rythme de la poésie, vous passerez à côté, et ce sera tant mieux ! Enfin, il y a le plus calme et acoustique An Almighty Thud, qui clôt l'album sur une chanson triste et pessimiste. Simple et efficace, elle permet un retour au calme après le déballage tonitruant tout du long de l'album et montre qu'ils maîtrisent aussi cet aspect de la musique.

Au final, un album dont je recommande l'écoute, et j'attire votre attention sur ce groupe prometteur. Il donne l'impression de se chercher un peu avec cet album au style finalement assez varié, j'attends donc de voir l'aspect que les membres choisiront de faire dominer sur le prochain. Mais tout de même, du rock, avec un accent écossais à couper au couteau, franchement, ça détend !

These Four Walls des We Were Promised Jetpacks

Paru chez Fat Cat Records sous la référence FATCD72

Notes:
[1] Après moult échanges au sein de la rédaction du site, je dois bien admettre qu'il y a tout de même une certaine nostalgie pour les débuts du label. Il fut en effet un temps où il a signé le Sigur Rós de Agaetis Byrjun, Múm, etc. Aujourd'hui, je dois avouer que si The Twilight Sad, Frightened Rabbits ou We Were Promised Jetpacks ont leur charme, il y a tout de même un virage, marqué. (retour)

Posté par matteo

Contributeur de magm3 depuis le début (ou presque), en particulier sur les aspects techniques. Je suis particulièrement intéressé par la littérature fantastique (classique et contemporaine), le cinéma d'art et d'essai, la musique électronique (balayant large du breakbeat aux productions expérimentales type Raster Noton). Actuellement ingénieur en informatique.
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