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The Pacific, dirigée par Bruce McKenna

Posté le 17 septembre 2010

7 décembre 1941 : les Japonnais attaquent Pearl Harbor, enclenchant par là même l'entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale. Et comme d'habitude, les services de propagande faisant dans ces cas-là des merveilles, nombre de jeunes se sentent soudainement l'âme de guerriers, prêts à aller défendre leur pays, ou, comme ils le disent si poétiquement, "prêts à tuer du jap". Oui mais voilà, la guerre des adultes est souvent bien différente de celle pratiquée dans les cours de récréation, et lorsque les balles fusent et que les cadavres s'empilent, nombreux sont ceux qui ne tiennent pas le choc, du moins parmi ceux qui survivent aux premiers assauts. Les autres doivent faire face aux images qu'ils n'avaient pas prévu de voir, encore moins de vivre.

Cette mini-série de dix épisodes, produite par Steven Spielberg et Tom Hanks, via Dreamworks, se focalise sur certaines batailles qui ont eu lieu dans le pacifique, dans le but d'empêcher les Japonais de prendre le contrôle des côtes de l'océan Pacifique. On y suit les pérégrinations patriotiques et meurtrières de trois jeunes recrues, Robert Leckie, Eugene "Sledgehammer" Sledge et John Basilone, qui serviront leur pays à leur manière durant la guerre, qui la vivront tous de différentes façons, mais qui en seront tous, pour sûr, affectés.

Bien qu'elle ne soit qu'une courte série, sorte de spin-off de Band of Brothers, produite par les mêmes Hanks et Spielberg, The Pacific se donne toutefois les moyens de son épopée et ne tombe pas dans le patriotisme benêt que l'on pourrait craindre en ces temps troubles. Bien au contraire, la série suit l'art et la manière de son aînée, et pour ceux qui ne connaissent pas, disons des 20 premières minutes du film Saving Private Ryan. On y voit donc les longs moments d'ennui avant les affrontements d'une rare violence où les hommes s'opposent dans une lutte à mort. On nous montre aussi des soldats sadiques et d'autres qui parviennent malgré tout à conserver une certaine humanité.

La violence des images est l'égale de la violence des histoires de guerre, histoires vraies de marines présents lors de ces batailles, qui ne se cachent pas d'actes atroces commis durant cette période, tant de la part des Japonais que de la part des Américains. Car au final la guerre est surtout une affaire de pragmatisme, dans laquelle l'honneur a peu de place : tuer le soldat d'en face est surtout le meilleur moyen de s'assurer quelques secondes supplémentaires de survie. Et si parfois la série tend vers des passages jouant un peu trop sur la corde sensible, ceux-ci s'avèrent au final assez nécessaires pour que le spectateur puisse se reposer quelque peu, tant les moments de tension sont intenses.

The Pacific, diffusée aux Etats-Unis sur l'excellente HBO, qui continue d'offrir des séries de qualité, ne déroge donc pas à la règle de la chaîne. Osant tout, mais ne tombant pas dans le spectaculaire scabreux, tout est montré sans effort de ménagement pour le spectateur, comme s'il accompagnait ces soldats à la guerre, mais sans non plus faire des soldats d'héroïques combattants sans peur et sans reproche dans un conflit ignoble. Certaines scènes sont dures, et les corps subissent autant de blessures que les âmes, pour sûr. Comme à la guerre.

Posté par tibo

Co-fondateur du projet, passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la culture au sens large, des jeux vidéo aux arts graphiques en passant par la musique, je cherche avant tout à faire partager mes coups de coeurs tout en découvrant de nouveaux sujets.
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