Magm3 guide informel de nouvelles cultures depuis le siècle dernier

Steampunk, de Etienne Barillier

Posté le 25 octobre 2010

A nos lecteurs qui seraient passés à côté de ce courant science-fictionnel, expliquons tout d'abors le steampunk. Il s'agît d'un courant, assez similaire à celui de l'uchronie, mais qui suis néanmoins ses propres codes. Là où l'uchronie tente de déterminer un autre futur à la suite d'événements que nous connaissons (Le maître du haut château, de Philip K. Dick en est un parfait exemple), le steampunk invente un passé futuriste qui eut pût être. Un esthétique fortement inspiré du XIXe siècle si possible de style victorien, des aventures à la Jules Verne, des robots géants, toutes sortes de machines qui rappellent celle que nous connaissons de nos jours, mais fonctionnant à la vapeur, vous voyez l'idée.

Steampunk, le livre d'Etienne Barillier s'attache donc à l'étude de ce courant, depuis avant ses origines jusqu'à ses évolutions les plus modernes. M. Barillier s'attache en effet à retrouver les premières traces du steampunk avant que le terme ne soit d'une part forgé, mais également accepté. Il en explique les fondamentaux, l'intertextualité, l'esthétique et les codes dans son ouvrage très détaillé.

Afin d'offrir à son lectorat un panorama exhaustif, l'auteur ne s'arrête pas à la littérature, mais traque le steampunk dans tous les domaines de la culture, que ce soit les films, les séries télévisuelles, mais aussi les bandes dessinées, ou encore les mangas, photos et autres sculptures. Pour chaque exemple, pour chaque média, il nous donne une liste de référence, explicitant en quoi celle-ci apporte leur pierre à l'édifice, nous permettant de comprendre comment au fil des oeuvres et des créations, un imaginaire collectif se créé autour du sujet.

On aurait pu penser que l'étude s'avérerait encyclopédique, et si elle est d'une certaine manière, elle est avant tout passionnante et passionnée. Expliquant que le steampunk est un courant qui continue à se développer à travers toutes les activités créatives possibles et imaginables, soutenu non par une communauté, mais bien par plusieurs artistes et un public toujours friand d'imaginaires riches et varié, Etienne Barillier ne cristallise pas une culture, ne tente pas de la définir de manière stricte, mais préfère en décrire les nombreuses ramifications, évolutions, ainsi que les influences du mouvement. Se laissant parfois emporter par la passion, il nous communique son amour du genre, et donne plus que tout envie de s'intéresser de plus près à nombre des oeuvres qu'il cite dans son ouvrage.

On signalera à ce propos que les moutons électriques, l'éditeur, a décidé de faire une version numérique du livre pour accompagner la version papier, une initiative que nous ne pouvons que saluer. Hélas le format choisi est le PDF, qui rend la lecture sur tablette quelque peu difficile, et très peu confortable. Un choix qui s'explique sans doute par les très nombreuses illustrations qui agrémente cet ouvrage fort bien fait et très instructif, le format ePub s'adaptant assez mal à la présence de trop nombreux éléments graphiques. Nonobstant, Steampunk trouvera tout à fait sa place dans la bibliothèque de toute personne s'intéressant un tant soit peu à la science-fiction, ou désireuse d'en apprendre plus sur un genre qui a su se développer bien au delà de la seule littérature.

Posté par tibo

Co-fondateur du projet, passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la culture au sens large, des jeux vidéo aux arts graphiques en passant par la musique, je cherche avant tout à faire partager mes coups de coeurs tout en découvrant de nouveaux sujets.
Commentaires (4) Trackbacks (0)
  1. C’est un mouvement que j’ai toujours trouvé chargé de poésie, je comprends qu’on lui consacre un bouqin. Par contre, c’est qui cet Etienne Barillier par rapport au mouvement ?

  2. Pas sûr que ce soit quelqu’un par rapport au mouvement. En revanche, c’est un universitaire spécialisé en littérature, et plus spécialement en science-fiction si j’en crois son blog (http://www.tiennouetnous.fr/) dont j’extrais ce qui suit :

    Maîtrise
    Les Troubles du réel dans trois romans contemporains: Ubik de Philip K. Dick, Le Nommé Jeudi de Gilbert K. Chesterton et Futur Intérieur de Christopher Priest, mémoire soutenu en 1993.

    D.E.A. de Littérature Générale & Comparée
    De l’illusoire aux vertiges du réel : doute et réalité en science-fiction, mémoire soutenu en 1996.

    Colloque
    « De la verticalité à la virtualité, la ville en science-fiction » in L’Ecrivain, auteur de sa ville, PULIM, 2001.

    En même temps, ce qu’il y a d’assez intéressant avec cet ouvrage, c’est qu’il ne se veut as universitaire du tout. C’est plus le travail d’un érudit passionné qui utilise ses connaissances pour transmettre un peu de sa passion. Ca se sent vraiment dans le style.

  3. OK, ça répond bien à ma question. J’aime bien en général ces ouvrages d’universitaires (ou ex-universitaires) bien documentés, capables de bien organiser une réflexion mais qui s’adressent tout de même à un large public, sans être pédants.

  4. C’est marrant, c’était un livre que j’avais dans mes objectifs de lecture. Je l’avais vu passer, car je garde toujours un œil sur ce qui sort chez les Moutons Électriques, le Steam Punk est finalement un courant que je connais très mal et cet ouvrage me semblait une bonne porte d’entrée. Tu confirmes bien tout cela, et la précision sur le parcours de l’auteur dans les commentaires renforce encore l’envie…


Leave a comment

Aucun trackbacks pour l'instant