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De l’urbanité de Branislav Kropilak

Posté le 12 mai 2011

On vous avait déjà parlé de Branislav Kropilak sur une précédente version du site, mais bien évidemment, les différentes moutures, les changements, les révolutions, les fainéantises sont passés par là, et par voie de conséquence il n'était donc plus fait mention de ce photographe dans nos lignes. Ce qui est fort dommage, car son talent mérite véritablement une large exposition publique. Qu'à cela ne tienne, on vous en avait parlé pour sa série des garages, c'est cette fois l'opportunité de se plonger dans l'ensemble de son oeuvre.

Branislav Kropilak est en effet un photographe qui suit une ligne simple et singulière. Il s'intéresse principalement aux manifestations urbaines, aux transformations qu'ils créé dans les paysages mais aussi et surtout à la géométrie inhérente à toute création humaine, qu'il met très fortement en exergue à travers ses prises de vues.

Ses différents travaux sont présentés en groupes thématiques sur son site (dont tu trouveras l'adresse à la fin de cet article, impatient lecteur). On y retrouve toujours la série des garages qui nous avait tellement plu, des garages rutilants et colorés, mais aussi très vide, sortes d'univers contenus, atemporels, déshumanisés. Une déshumanisation qu'on retrouve aussi dans sa série de halls d'immeubles. Là encore, les lumières sont chaleureuses et les couleurs chatoyantes, mais ces espaces semblent pasteurisés, sans vie, comme si personne ne s'y était attardé ou n'y était tout simplement passé depuis des lustres.

Cette impression étrange se continue d'autant plus avec la série sur les pompes à essences, mais surtout sur celles se focalisant sur les champs d'éoliennes et les usines. Si Branislav Kropilak réussit à en tirer une poésie certaine dans ses clichés, ces installations semblent aussi paradoxalement assez vaines, alors que toute leur architecture ne montre au contraire qu'une volonté de parfaite fonctionnalité, sans souci esthétique aucun. Le talent de l'artiste est donc ici de réussir à retourner ces constructions assez laides de prime abord pour en faire des sujets de grande beauté.

Un retournement qui devient d'ailleurs flagrant avec la série que je préfère désormais, celle des panneaux publicitaires. La technique est assez simple : photographier les grands panneaux 4x3 qui ne servent qu'à vanter une consommation excessive et accessoirement enlaidir le bord des routes sous un angle singulier, à savoir 90° à la verticale. Le résultat est tout bonnement incroyable, chaque panneau devenant une forme géométrique complètement abstraite, pouvant aussi bien être une branche perdue de quelque satellite dans un espace lointain.

S'il est un artiste urbain, c'est bien Branislav Kropilak. Quant à ceux qui voudraient en savoir plus sur son parcours, je ne peux que vous inviter à consulter les informations qu'il met sur son site. Pour résumer très brièvement, l'homme a été élève aux beaux arts de Bratislava avant de travailler pour différentes agences de création à Prague. Il a aussi présenté un certain nombre d'expositions à travers toute l'Europe. Son site, sobre et clair, est probablement la meilleure galerie de son travail, que je ne peux que vous encourager à consulter régulièrement.

http://www.kropilak.com

Posté par tibo

Co-fondateur du projet, passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la culture au sens large, des jeux vidéo aux arts graphiques en passant par la musique, je cherche avant tout à faire partager mes coups de coeurs tout en découvrant de nouveaux sujets.
Commentaires (1) Trackbacks (0)
  1. Bonne idée que de ressortir Kropilak, ça faisait un moment que je ne suivais plus ce qu’il faisait. Sa série de dépôts, bien moins graphique que le reste de son travail, m’a particulièrement surpris et amusé, me faisant penser à une série de portraits de personnages 8 bits. Et étonnante aussi cette série de longs trains faisant apparaître notre réalité comme un monde de jouets.

    Finalement, ces nouvelles séries m’apparaissent moins indus que les précédentes.


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