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Tim Hecker

Posté le 20 octobre 2011

Bien que jeune et discret, le canadien Tim Hecker n'en est pas moins un nom respecté de la scène ambient et expérimentale. Signant depuis maintenant dix ans sur des labels aussi prestigieux que Mille Plateaux ou Kranky, il a su imposer un son délicat et personnel. Ainsi son dernier album Ravedeath, 1972 a défrayé la chronique au début de l'année dernière et a été l'un des disques à tourner sans discontinuer sur les platines de la rédaction, jusqu'à être remplacé ces derniers jours par Dropped Pianos, le nouvel EP de l'artiste.

Continuant à développer le mélange d'ambient, de piano minimaliste et de nappes qui avaient fait le succès de Ravedeath, 1972, les neuf titres totalisant à peine trente minutes de Dropped Pianos sont plus à voir comme une variation sur le précédent album que comme une nouvelle oeuvre à part entière. La principale différence est qu'ici tous les morceaux se centrent sur le piano alors qu'ils ne faisait que hanter le précédent album.

Si vous êtes habitué des oeuvres conjointes d'Alva Noto et de Ryuichi Sakamoto, vous ne pourrez qu'être charmé par cet opus de Tim Hecker. La différence essentielle étant que, comme à son habitude, Hecker travaille un son plus en longueur, filtré, étouffé. En revanche, si vous cherchez de douces mélodies de piano pour vous revigorer, variations électroniques sur Yann Tiersen que l'on peut entendre bien souvent, vous pouvez directement passer votre chemin, ici le piano n'est qu'une machine à sons, détournée de manière sombre, sans romance ni espoir. Car comme le titre l'indique, les pianos sont ici tombés, lâchés, brisés.

Trente minutes trop courtes donc pour cet EP qui ne manquera pas de (ré)imposer Tim Hecker comme l'une des figures maîtresses de la scène ambient actuelle.

NB : Pensez à vérifier vos agendas, Tim Hecker est plus ou moins en tournée en ce moment. Et comme pourra en témoigner la poignée de personnes qui avait fait le déplacement au Batofar un lundi soir il y a peu, le show vaut le détour. Car si les compositions développées sont très près des versions studios dans leurs structures, les sonorités sont quant à elles bien plus saturées et il en résulte une musique d'une noirceur impressionnante, autant que la pénombre dans laquelle nous étions plongés pour l'occasion.

Posté par greg

Co-fondateur du m:3. Amateur de musiques électroniques, en particulier de musiques minimalistes et abstraites. Toujours à la recherche de l'underground et opposé à l'idée même d'"industrie culturelle". Mathématicien le jour, DJ la nuit. Après avoir vécu dans la capitale des Gaules, de la France et au Québec, s'est exilé dans la Caraïbe pour cacher la fortune amassée grâce à ses recherches fondamentales et à ses concerts, il semble cependant miraculeusement absent des fichiers Offshore Leaks.
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