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Escape from Tomorrow, de Randy Moore

Posté le 6 mai 2014

Escape From Tomorrow (dr)Jim (Roy Abramsohn), père de famille entre deux ages, apprend qu'il est licencié la dernière matinée de ses vacances à Disney World, en Floride, avec sa femme et ses deux enfants. Pourtant bien décidé à ne pas troubler sa famille avec cet évènement et à passer une journée aussi agréable que possible, sa santé mentale vacille progressivement... De régressions en hallucinations, bascule dans une réalité alternative, où il ne cesse de croiser les deux même adolescentes françaises qui le séduisent petit à petit, où le "monde merveilleux de Disney" se fissure pour laisser place à un odieux réseau de prostitution et de manipulations mentales.

Escape from Tomorrow est le premier long métrage de Randy Moore, qui assure ici les rôles de réalisateur et de scénariste. Ce film constitue une réelle performance dans la mesure où il a été entièrement filmé en mode "guérilla", c'est à dire sur site (les parcs d'attraction Disney américains), sans aucune autorisation de l'entreprise concernée. Pour ce faire, le réalisateur et ses caméramen ont utilisé des boîtiers d'appareil photo reflex haut-de-gamme, se fondant ainsi dans la foule de touristes qui utilisent le même type d'équipement pour immortaliser leurs vacances. Ces boitiers permettent aujourd'hui l'acquisition de vidéos en fullHD d'une qualité remarquable, bien que ce ne soit pas leur fonction première. Ce mode de tournage est sans doute un détail anecdotique, mais il doit être signalé tant il s'agit bien là de l'unique singularité du film. C'est cette idée qui attire de prime abord: un long métrage tourné dans Disney World, en noir et blanc, sans l'autorisation de Disney inc., qu'est-ce que cela peut-il bien donner ? Pas grand chose, malheureusement...

Si les prises de vues sont bonnes, le son correct et les acteurs principaux parfaitement crédibles, l'absence d'un scénario devient de plus en plus criante à mesure que le film progresse, et l'on finit par se demande "Mais comment vont-ils s'en sortir ?", pour obtenir une réponse cinglante lorsque le générique commence: ils ne s'en sortent pas. Et c'est dommage, à plus d'un titre.

D'une part parce qu'il y a eu une performance de "guerilla filmaking" qui aurait mérité un meilleur résultat. Si ce n'est pas la première fois qu'un film est réalisé de la sorte, il faut remarquer qu'ici le résultat est brillant: on en vient à être incrédule. Malheureusement pour le film, c'est ce qui finit par le gâcher: si on est attiré par le buzz qu'il a su générer de prime abord, faute d'être tenus par un scénario, on finit à regarder le film ou bien comme une prestation purement technique (d'exception, certes, mais quelque chose de purement technique tout de même), ou bien à imaginer sur chaque plan un film sur le film. C'est dommage, car il y avait réellement quelque chose, et une maitrise technique parfaite...

Posté par matteo

Contributeur de magm3 depuis le début (ou presque), en particulier sur les aspects techniques. Je suis particulièrement intéressé par la littérature fantastique (classique et contemporaine), le cinéma d'art et d'essai, la musique électronique (balayant large du breakbeat aux productions expérimentales type Raster Noton). Actuellement ingénieur en informatique.
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