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La ligue des gentlemen extraordinaires, de Alan Moore et Kevin O’Neill

Posté le 6 novembre 2010

La récente lecture du très bon Steampunk d'Etienne Barillier m'a donné envie de me replonger dans certaines des références qu'il cite. Parmi celle-ci, La ligue des gentlemen extraordinaires, une oeuvre bien connue des amateurs de comic books et autres romans graphiques à l'anglo-saxonne, tant du fait de son scénariste, Alan Moore, que de sa qualité intrinsèque, proche de l'excellence.

Dieu en personne

Posté le 26 juillet 2010

Et si Dieu s'incarnait en personne dans une société comme la nôtre ? A quoi ressemblerait-il ? Quelle serait son attitude ? Comment le reconnaîtrait-on malgré son indéfinissabilité ? Comment réagirait-on ? Serait-on capable d'en tirer profit et si oui, quel profit ? Voici quelques-unes des innombrables questions que Marc-Antoine Mathieu aborde dans son ouvrage Dieu en personne, paru aux éditions Delcourt en août 2009.

Marc-Antoine Mathieu a toujours aimé amener son lecteur à se poser des questions. Qu'elles soient logiques comme dans la série des Julius Corentin Acquefacques prisonnier des rêves, sociologiques comme dans Mémoire Morte ou métaphysiques comme dans le présent ouvrage, les questions posées par Marc-Antoine Mathieu le sont aussi bien de manière directe qu'à travers d'insolubles paradoxes ou de subtiles métaphores poétiques. Jamais gratuites, ces questions n'attendent pas toujours des réponses. Pour autant, l'auteur donne toujours de très intéressantes pistes de réflexion.

Les petits riens, de Lewis Trondheim

Posté le 6 janvier 2010

Les petits riens de Lewis Trondheim

Aujourd'hui, rares sont les auteurs de BD qui ne se retrouvent pas sur la blogosphère. De nombreux amateurs venant s'ajouter, le monde des blogs BD  est maintenant devenu aussi actif que difficile à suivre. Une bonne méthode sûre pour trouver des blogs de qualité consiste alors à suivre ceux qui arrivent à subsister depuis longtemps dans cette jungle. Existant depuis maintenant plus de quatre ans, Les petits riens, le blog BD de Lewis Trondheim a de nombreuses raisons d'avoir traversé les années.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Lewis Trondheim est l'un des auteurs de BD les plus prolifiques et les plus importants de ces dernières années. Fondateur de la très influente maison d'édition l'Association, membre de l'OuBaPo, il est derrière de nombreuses séries (Donjons, Lapinot...), d'innombrables albums isolés (Mister 0, Ile Bourbon 1730...), il a été lauréat du grand prix d'Angoulême en 2006, et a été décoré de l'ordre des Arts et des Lettres. Mais il ne suffit pas d'être un grand auteur de BD pour être un bon auteur de blog BD et Lewis Trondheim a, là aussi, fait montre d'un certain talent.

James Dieu

Posté le 23 décembre 2009

James Dieu

Dieu est un sosie d'Elvis Presley alcoolique qui habite au fond d'une vieille canette de Coca-Cola. Il a vomi le monde il y a une éternité suite à une cuite au Whisky. Depuis, il regarde les hommes mourir avec amusement. Les quelques rares miracles qu'il accomplit ont pour seul but de l'amener dans le lit d'une femme facile.

Quant à Jésus, c'est un baba-cool toxicomane qui ne cesse de geindre car son père refuse de le reconnaître. Ces découvertes vont être faites par un immigré mexicain, vivant à New-York et ayant travaillé de nombreuses années chez Coca-Cola avant de se faire virer. Sa foi, pourtant initialement inébranlable, va en prendre un sacré coup...

Construire un feu, de Chabouté

Posté le 28 novembre 2009

Construire un feu

Construire un feu

A l'origine, Construire un feu est une nouvelle de Jack London. Une nouvelle impressionnante mettant en scène un pionnier qui, comme nombre de ses homologues à la fin du XIXème siècle, va être emporté par le froid dans le grand Nord américain. Nous suivons ainsi la marche inéluctable de ce pionnier vers sa mort, dont la courte survie dans le froid ne dépendra que de sa capacité à pouvoir faire un feu. Construire un feu est une parfaite illustration de cette folie vaniteuse qui a emmené des hommes affronter une nature indomptable dans le seul but d'en ramener quelques richesses. Très symbolique, la nature décidera d'emporter cet homme dont la survie est par trop artificielle alors qu'elle épargnera le chien du pionnier, que l'absence d'orgueil amène à un comportement plus en accord avec la nature qui l'entoure.

Cette fameuse nouvelle de Jack London a été magnifiquement illustrée par Chabouté dans l'adaptation du même nom éditée par Vents d'Ouest en 2007. Très inspiré, Chabouté a su réellement s'approprier le texte de Jack London et parvient à nous proposer une BD très forte bien que silencieuse et essentiellement graphique. La seule voix que l'on entend est celle de la Nature, qui juge cet homme en proie au froid. Une voix qui dénonce cette vanité humaine et la condamne avec une froideur terrible.

Mother Sarah

Posté le 26 novembre 2009

Mother Sarah

Mother Sarah

Edité au Japon dès le début des années 90, Mother Sarah a été publié en France sous la forme d'une série de 11 tomes par les éditions Delcourt entre 1996 et 2006.  Scénarisée par Katsuhiro Otomo et dessinée par Takumi Nagayasu, Mother Sarah est une fresque post-apocalyptique, regorgeant d'action, transgressant souvent l'étroite frontière de la série B mais cependant, pas totalement dénuée d'intérêt.

Comme à son habitude, Katsuhiro Otomo n'a pas beaucoup épargné la planète Terre. Quand je parle de fresque post-apocalyptique, je devrais plutôt parler de fresque post-post-apocalyptique. La Terre a en effet été ravagée par une guerre nucléaire contraignant les survivants à s'exiler dans des stations orbitales. De là, certains survivants sont parvenus à lancer une bombe de forte puissance sur Terre pour dévier son axe de rotation et recouvrir les parties irradiées sous la glace, rendant un retour sur Terre possible. Mais la guerre civile fait rage dans les colonies spatiales et, au moment de quitter les colonies, Sarah, prise dans une fusillade, va être séparée de sa famille. Jurant de retrouver sa fille et ses deux fils, elle va alors se mettre à écumer cette Terre dévastée à leur recherche.

Zoé, de Chabouté

Posté le 21 novembre 2009

Zoé

Zoé

Christophe Chabouté s'est imposé ces dix dernières années comme l'une des têtes pensantes de la BD d'auteur française classique. Zoé, son troisième ouvrage, édité chez Vents d'Ouest en 1999 a très certainement participé à cette renommée.

A sa sortie de prison, la jeune Zoé décide d'aller habiter l'ancienne maison de famille dont elle a hérité pendant sa détention. Cette maison se trouve à La Goule un village perdu de la campagne française avec son curé, son médecin et le sympathique idiot du village : Hugo, qui collectionne les crânes d'animaux. L'adaptation dans cette communauté hors du temps ne s'annonce peut-être pas aussi difficile que ce à quoi elle aurait pu s'attendre.  Les villageois ne sont pas hostiles et Hugo est un compagnon affectueux et sympathique. Les choses se compliquent quand elle découvre que la collection de crânes de ce dernier comporte bon nombre des crânes humains, déterrant ainsi un lourd secret dont le village est porteur...

Tanâtos, de Convard et Delitte

Posté le 20 novembre 2009

Tanâtos

Tanâtos

Tanâtos. Un titre un peu racolleur qui aurait plutôt tendance à faire reculer qui a déjà passé la puberté. Mais bon, en tant que grand amateur de Didier Convard dans ma jeunesse, je me suis dit qu'il ne pourrait pas être parfaitement inintéressant de se tourner vers ce diptyque édité entre 2007 et 2008 par les éditions grenobloises Jacques Glénat. Qui plus est, le background est d'emblée attrayant. Tanâtos nous amène à Paris, à la veille de la première guerre mondiale. Aux côtés de Jean Jaurès, nous assistons à l'approche d'une guerre qui semble de plus en plus inévitable. Certains oeuvrent à la paix alors que d'autres, des marchands d'armes notamment, semblent avoir tout intérêt à ce que cette guerre se déclenche. Se nouent alors des intrigues politiques autour de l'hypothétique conflit. Mais ne vous y trompez pas, c'est bien d'uchronie qu'il s'agit et non pas d'une fresque historique.

Lucille, de Ludovic Debeurme

Posté le 16 novembre 2009

Lucille

Auteur montant de la scène indépendante Ludovic Debeurme a frappé fort avec Lucille édité en 2006 chez Futuropolis. Un ouvrage impressionnant qui, du haut de ses 544 pages, reçut en 2006 le prix René Goscinny et fut primé à Angoulême en 2007, faisant de Ludovic Debeurme un nom incontournable de la bande dessinée française indépendante.

Lucille nous plonge dans la vie de deux adolescents aux destins complexes pris entre tragédies sociales et familiales. Lucille d'une part, Arthur d'autre part.  Lucille est une anorexique complexée par une mère trop présente. Arthur est un enfant à problèmes dont l'histoire familiale n'est faite que de violences, d'alcoolisme et de suicides.

Quartier Lointain de Jirô Taniguchi

Posté le 14 novembre 2009

Quartier Lointain
Quartier Lointain

Imaginez. Un matin, tenant une gueule de bois d'enfer, vous vous trompez de train et reprenez machinalement la direction du village où vous avez passé votre enfance. Arrivé sur place, vous vous rendez sur la tombe de votre mère et, terrassé par la fatigue, vous vous assoupissez. A votre réveil, vous vous rendez alors compte que vous avez remonté le temps, retrouvé vos 14 ans et la vie qui va avec. Seulement, avec la connaissance de l'avenir qui est la vôtre, vous portez un regard bien différent sur la situation. Imaginez de plus que vous êtes un père de famille quadragénaire, en plein questionnement sur sa cellule familiale et ajoutez à cela, que votre réincarnation a lieu à quelques semaines à peine du moment où votre propre père vous délaissa avec le reste de votre famille. Vous aurez alors une bonne idée du scénario dans lequel Jirô Taniguchi a décidé de vous plonger avec Quartier Lointain.

Devant une trame aussi classique, on pourrait d'abord être sceptique. Certes, des auteurs comme Haruki Murakami ont su montrer que le fantastique pouvait parfois servir à merveille un questionnement essentiellement humain mais très souvent ce genre d'exercice n'amène qu'à une situation trop caricaturale pour être vraiment percutante. Néanmoins, quand on sait que l'ouvrage est d'un auteur aussi profondément ancré dans le naturalisme que Jirô Taniguchi et que ce dernier a reçu le prix du scénario d'Angoulême en 2003 précisément pour Quartier Lointain, on porte un regard nettement plus bienveillant aux 400 pages que constituent cette oeuvre