Magm3 guide informel de nouvelles cultures depuis le siècle dernier

Rip! A remix Manifesto, de Brett Gaylor

Posté le 21 octobre 2010

Tout d'abord, pour nos amis non anglophones, traduisons le titre : Rip! Un manifeste du remix. Et là, lecteur, tout esbaudi que tu es, malgré tes yeux écarquillés, tu te dis : "un manifeste ? Mais les mots clés indiquent un documentaire". Ne t'en fais pas ami lecteur, tu as tout à fait raison. Rip est à la fois un documentaire et un manifeste. Manifeste en ce qu'il prend clairement position, et j'entends par là qu'il défend une certaine vision, un point de vue sur un sujet bien précis. Documentaire, car bien évidemment, pour que toi, lecteur, qui après avoir lu cet article va te précipiter pour voir ce documentaire, comprenne tous les tenants et aboutissants du manifeste, il faut bien en expliquer l'origine, les acteurs, le combat, le but.

The Town, de Ben Affleck

Posté le 5 octobre 2010

The Town se veut être une histoire de Charlestown, cette petite bourgade qui fut jadis théâtre de l'une des plus importantes batailles de la guerre d'indépendance américaine et qui est maintenant devenue un quartier aux richesses très hétérogènes de la ville de Boston. Mais avant tout, The Town est une histoire de truands, de braquages de banques et de fuite en avant.

Les petits films de Cédric Villain

Posté le 23 septembre 2010

Cédric Villain a 39 ans, est marié, et est enseignant à l'ESAAT de Roubaix. C'est ce qu'on apprend de lui lorsque l'on prend la peine d'aller voir le bas de la page de son site. Mais Cédric Villain est aussi un professionnel, et son site présente donc une sorte de portfolio de ses oeuvres, que je ne peux que vous conseiller de consulter.

Bomb It!, de Jon Reiss

Posté le 10 septembre 2010

Bomb It! Peins le à la bombe. Utilise tout ce que tu as sous la main pour t'exprimer sur ce mur, ce train, ce bus. S'il es vierge, crée, si une partie en est occupée, réponds au premier artiste. Bomb It! est un documentaire assez engagé sur l'art du graffiti à travers le monde. Jon Reiss se déplace dans plusieurs villes sur plusieurs continents pour y rencontrer les artistes officiant dans la rue, mais aussi capturer en vidéo les points de vues d'officiels et de simples citoyens.

On croise ainsi des figures connues du mouvement, la plus emblématique étant certainement Shepard Fairey. Ce dernier est probablement celui qui réussit le mieux à allier la culture de rue, continuant malgré plus d'une centaine d'arrestations à poser ses oeuvres un peu partout dans les rues, avec certaines nécessités commerciales. Pour ces dernières, il a crée une agence de design, une galerie d'art et vend parfois son talent à de très grosses compagnies.

Sin Nombre, de Cary Fukunaga

Posté le 18 août 2010

Sin Nombre. Sans nom. Sans nom comme les milliers de Sud-américains qui se tassent au-dessus des trains pour le voyage le plus dangereux de leur vie, un voyage qui, ils l'espèrent, les mènera vers l'Eldorado dont ils ont tant rêvé. L'Eldorado des Etats-Unis, là où ils ont une chance de travailler un peu, gagner quelques dollars pour aider leur famille, restée au pays, à subsister.

Sin Nombre. Sans nom. Sans nom comme la violence qui agite certaines régions d'Amérique du Sud, gangrénées par la pauvreté, mais surtout par les gangs. Issus des expulsions américaines, les maras, loin d'être anéanties du fait de leur déplacement, continuent non seulement d'exister dans leurs régions d'origines, mais se développent maintenant sur tout le continent par le biais des expulsions. Les Maras, gangs de trafiquants de tout et n'importe quoi, familles de voleurs et de hors-la-loi qui s'affrontent entre elles pour l'honneur et le contrôle d'un territoire. Une famille qui demande beaucoup de sacrifices, et qu'on ne quitte pas sans lever le vent de la trahison, et parfois en payer le prix.

Deux visions de l’apocalypse

Posté le 5 août 2010

C'est tout à fait par hasard qu'à quelques semaines d'écart, je découvrais ces deux films étrangement similaires. D'un côté il y a La Route, réalisé par John Hillcoat en 2009 et adapté d'un roman écrit par Cormac McCarthy trois ans plus tôt. De l'autre, il y a Le Temps du Loup réalisé en 2003 par Michael Haneke, talentueux réalisateur, maintenant connu  du grand public pour avoir réalisé Le Ruban Blanc, palme d'or du festival de Cannes en 2009.

Haze de Shinya Tsukamoto

Posté le 24 avril 2010

Un homme, joué par le réalisateur, se réveille dans le noir et dans un espace exigu, entouré de murs en béton. Il peut à peine se mouvoir et s'aperçoit rapidement qu'il porte une douloureuse blessure, profonde et ouverte, à l'estomac.

Il tente alors de rassembler ses esprits, et constatant qu'il n'a presque aucun souvenir, entre dans une quête désespérée d'une échappatoire. Rampant dans ces boyaux souterrains à la recherche d'une issue, au hasard des intersections, traversant des pièces emplies de corps déchiquetés, de membres en putréfaction, apercevant des scènes rituelles qui débutent par des chorégraphies annonçant des orgies sexuelles mais qui tournent rapidement en massacres sanguinaires... Désorienté et parvenu au comble de la déréliction, il finit par rencontrer une femme dans une situation en tous points similaires. Cette dernière, mue par une détermination inébranlable, le pousse à poursuivre l'exploration...

I am Here, de Spike Jonze

Posté le 18 avril 2010

Est-il vraiment nécessaire de continuer à présenter Spike Jonze ? Réalisateur et photographe de talent, il est l'homme derrière des vidéos de skate cultissime, il est celui qui a signé les clips des Beastie Boys, entre autres, ou, pour ses travaux les plus connus, le réalisateur de Dans la peau de John Malkovitch et Adaptation.

Rien d'étonnant donc à ce que le zozo décide de faire un court métrage, diffusé à la fois sur internet, via un site dédié mais aussi via les réseaux dits sociaux, et en projection dans un conteneur de 14 places qui se ballade probablement en ce moment même dans tous les coins de la métropole. Le projet dans son ensemble étant soutenu par un marque de vodka dont nous tairons le nom, d'une, parce qu'on est pas là pour leur faire encore plus de pub, et de deux, parce que c'est vraiment de la mauvaise vodka.

Le Labyrinthe de Pan, de Guillermo Del Toro

Posté le 13 avril 2010

Espagne franquiste, 1944. Ofélia, au sortir de l'enfance, accompagne sa mère enceinte qui rejoint son nouveau mari, Vidal, capitaine franquiste et très autoritaire. Près de leur nouvelle demeure se trouvent les vestiges d'un labyrinthe, vestiges autour desquels vont bien évidemment se tramer les événements.

Il ne faudra pas longtemps au spectateur pour comprendre que la rencontre d'Ofélia avec le faune, gardien du labyrinthe, est essentiellement sa manière à elle d'appréhender une réalité difficile, qui risquerait de la briser. Le labyrinthe de Pan est donc une sorte de conte moral et d'apprentissage, qui, s'il peut se résumer rapidement, n'en reste pas moins intéressant et maîtrisé.

Tetro, de Francis Ford Coppola

Posté le 24 décembre 2009

Résumer le scénario de Tetro en quelque lignes, sans en dévoiler toute l'intrigue est assez difficile, tant le film est riche. Mais tout commence avec l'arrivée à Buenos Aires de Benjamin, qui vient retrouver son frère chez lui, alors qu'il ne l'a pas vu depuis des années, et que ce dernier à rompu tout lien avec sa famille, à l'origine pour se consacrer à l'écriture. C'est ce frère qui se fait désormais appeler Tetro, afin que rien ne subsiste de son passé.

Tetro, le film, est avant tout une saga familiale qui montre l'importance de la famille, du clan, son influence sur la manière dont ses membres se construisent. Mais Tetro, c'est aussi une tragédie. On apprendra vite que c'est le père commun qui est à la source de la confrontation que vont devoir se livrer les deux frères. Tetro, c'est Oedipe pour tout les soucis avec le père et Electre pour sa mise à distance et la reconstruction, la reconquête du frère. Tetro, c'est la plus classique des tragédies, mais dans un écrin somptueusement moderne.