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Si le sujet risque de partager d'emblée son public, Amen tente tout de même de s'imposer comme un film historique plus que comme une simple critique de l'attitude de l'Eglise pendant la guerre. Tiré de la pièce de Rolf Hochhuth, ayant fait beaucoup de bruit lors de ses premières représentaitons à Paris en 63, il faut bien avouer que l'histoire n'est pas tendre avec l'Eglise. Mais une fois la rupture du tabou passée et la critique lancée, il faut bien dire que le scénario n'a pas grand chose à offrir. Les personnages sont certes relativement bien étudiés mais on n'aura que trop vite cerné les principaux protagonistes et leurs malheurs tourneront bein vite à la grande tragédie. Ainsi, retrouve-t-on cette très grande thématique de l'homme qui cherche à dénoncer un système en en faisant partie, de celui qui veut témoigner de lui-même, bref, une sorte de héros unilatéral. Le personnage du jeune jésuite convaincu est du même acabit et voit son action totalement démesurée par une volonté d'emphase de la part de l'auteur. En fait, le principal prbolème va se retrouver dans la sorte de circuit fermé dans lequel s'enferme le scénario, il est trop carré pour être réellemment intéressant et le côté théatral ne se fait que trop sentir, faisant ainsi perdre beaucoup de force à l'importance du message à faire passer et si l'intention de dénoncer l'obscurantisme et l'hypocrisie latente de l'Eglise à cette époque n'est que trop louable, il n'en reste pas moins que ce support narratif sent trop la construction pour faire passer son côté véridique. Il n'en reste pas moins que le film passe tout seul et que l'on se laisse assez facilement porter, découvrant ou redécouvrant tout de même des passages véridiques et impressionnants de notre Histoire. Du point de vue de la réalisation, Costa Gavras a fait un film carré qui n'est ni trop dépouillé ni trop pompeux, un film très classique dans ses plans comme dans son déroulement. Comme véritables touches personnelles, nous pourrons trouver les incessants aller et retours des trains pour les camps de la mort mettant en scène l'inexorable fonctionnement des camps de la mort, un symbole simple mais relativement efficace. Nous pourrons en outre apprécier l'austérité du film qui ne cède jamais à la facilité de nous montrer l'horreur mais qui se limite à une très forte suggestion. En définitive, Amen est un film très carré, sans grande surprise dont l'entreprise est louable (et approuvée apr les historiens) mais qui manque de finesse dans son scénario pour rendre réellement la force de la vérité sur cette époque. Un film dont le scénario trop romancé jure avec une volonté de rappel à la triste vérité du réalisteur. NB: L'Eglise a fortement dénoncé l'affiche du film créée par le fameux publicitaire de Benetton: Oliviero Toscani. Site Officiel: |
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