Pinch & Shackleton
Signant des EPs sur différents labels depuis le milieu des années 2000, Shackleton s'était surtout fait remarquer lors de la sortie de son premier album, Three EPs sur Perlon, développant une musique à la tonalité résolument techno minimale mais aux rythmes fortement influencés par le dubstep. Pinch a quant à lui commencé à peu près en même temps avec une série d'EPs sur Planet Mu et a toujours développé un dubstep franc, aux limites du ragga dancehall. La rencontre improbable de ces deux artistes a donné lieu à ce qui, à ce jour, est la fusion la plus intéressante entre ces deux courants majeurs de l'Intelligent Dance Music au sens propre, à savoir la techno minimale et le dubstep.
Quelques albums pour bien commencer l’année

- agf
En cette fin d'année 2011 et ce début d'année 2012, force est de constater que les rédacteurs du m:3, un petit peu dépassés par les événements, n'ont pas vraiment eu le temps d'entretenir ces colonnes. Et pourtant, nombreux sont les bons albums à avoir tourné sur nos platines ces derniers mois. Alors pour reprendre les choses d'un bon pas, je vous propose non pas une chronique musicale comme à l'accoutumée, mais plutôt une petite sélection d'albums qui m'ont accompagné ces derniers temps, à ne pas prendre comme une n-ème revue des meilleurs albums de 2011, mais simplement comme un cabinet de curiosités musicales récentes. Quant à l'ordre dans lequel ces albums sont présentés, il est essentiellement arbitraire et ne reflète pas nécessairement un ordre de préférence...
James Blake, de James Blake
Il y a à peine deux mois de ça, James Blake faisait son apparition dans nos colonnes. Nous avions en effet été subjugués par ce talentueux artiste atypique qui, bien qu'officiellement issu de la scène dubstep, développe une musique personnelle et sensible, aux frontières de l'electronica voire du crooning. C'est donc une impatience certaine que nous attendions son premier album, sorti sur Atlas Records ce lundi 7 février 2011.
James Blake
En à peine un an d'existence musicale, James Blake a déjà signé quatre EPs sur des labels montants comme Hemlock Recordings ou Hessle Audio mais aussi sur le mythique label R&S Records où Aphex Twin signait ses premiers titres en 1992. Ancien collaborateur de Mount Kimbie, James Blake se retrouve naturellement classé sur la scène dubstep, mais sa musique relève tout autant de l'electronica, de l'ambient et... de la chanson de charme.
Apparat signe sur !K7 pour un DJ-Kicks
Co-fondateur du label Shitkatapult, Sascha Ring, plus connu sous le nom d'Apparat, s'est fait connaître des amateurs avec son EP Koax signé sur BPitch Control en 2003. Il aura cependant fallu attendre 2006 et l'album Orchestra of Bubbles, co-signé avec Ellen Allien, pour qu'Apparat devienne un nom connu du grand public sur la scène dite Intelligent Dance Music (IDM). Mais depuis, le son d'Apparat, composé d'un savant mélange de mélodies baroques à la sensibilité exacerbée et de rythmiques complexes, saccadées, glitchées et triturées à souhait, a fait le tour de la terre. Fin octobre 2010, il rentre finalement au panthéon des artites IDM les plus en vue en signant une compilation mixée dans la très prestigieuse série des DJ-Kicks du label !K7, rejoignant des artistes comme Kruder & Dorfmeister, Nightmares on Wax, DJ Cam, Kode 9 ou James Holden...
Solitude
Alors que de nombreux genres musicaux déclinent doucement en musique électronique, la scène dubstep subit quant à elle une croissance telle qu'elle en est devenue difficilement lisible. Dans la complexe arborescence de ce genre musical, il est des branches qui ont plongé dans d'insondables profondeurs, dures, parfois violentes et il en est d'autres qui se sont élevées vers des atmosphères, éthérées, plus délicates et souvent plus touchantes. C'est notamment le cas de la musique de Solitude, un DJ underground qui mixe avec passion un style, assez justement nommé ambient-dubstep, et qui distribue ensuite généreusement ses mixes représentant d'ores et déjà près de dix heures de musique.
Triangulation, de Scuba
Ayant émergé au milieu des années 2000, le nom de Scuba est rapidement devenu synonyme d'un dubstep fait de qualité et de subtilité. Ainsi, deux années seulement après la sortie de son premier EP sur Hotflush Recordings, Scuba signe déjà sur l'excellente compilation Box of Dub, sortie en 2007 sur le très prestigieux label Soul Jazz Records. Après un premier album très remarqué (A Mutual Antipathy sorti en 2008 sur Hotflush Recordings), l'artiste revient maintenant avec un second album, Triangulation, qui ne trahira pas la réputation de l'artiste.
Joy Orbison, The Shrew Would Have Cushioned the Blow EP
Joy Orbison, aka Peter O'Grady, fait partie de ces jeunes artistes montants sur lesquels je suis tombé par hasard dans ma quête des fils spirituels du créatif Burial. Après avoir signé deux maxis sur les labels Hotflush et Doldrums en 2009, il signe en 2010 l'excellent EP The Shrew Would Have Cushioned the Blow sur le label montant Aus Music fondé par Will Saul et Fink (Ninja Tune).
Le titre éponyme constitue indéniablement un véritable exercice de style du genre. Le morceau s'ouvre sur un rythme ragga sec et saccadé, auquel s'ajoutent doucement des nappes atmosphériques, des bribes de voix féminines, puis des basses rondes et profondes. Le morceau atteignant son apothéose dans la dernière minute, au pouvoir hypnotique rare, dont on ne peut que regretter la brièveté. Au-delà de la ligne dubstep atmosphérique classique, on retrouvera en filigrane les sonorités de Luomo qui apparaît régulièrement comme l'éminence grise de la scène dubstep.
Eskmo + Amon Tobin = Eskamon
Eskmo, fondateur du label Ancestor, est l'une des révélations de la scène dubstep de l'année 2009. Quant à Amon Tobin, on ne le présente plus, fer de lance du label Ninja Tune, à la renommée bien établie, il officie sur la scène électronique depuis 1996 de manière très productive.
Les deux artistes n'ont a priori pas grand chose à voir. Le premier, dont nous avions déjà parlé il y a quelques temps, développe un dubstep lent, froid et grave. Le second travaille maintenant un son complexe, atmosphérique, parfois aux frontières de la musique concrète.
Afterlife / Time EP, de Lung
Hello, english speaking friends from Kokeshi's website ! This blog is written in French. However, you will find an english translation of this post at the end of this page

Lung sur Kokeshi
Nous parlions très récemment de l'apport considérable qu'a représenté Hyperdub sur la scène dubstep en transposant cette musique des clubs vers les chaînes hi-fi de tout un chacun. Quelques années après les débuts de Hyperdub, les émules commencent à arriver, notamment ceux du fer de lance du label: Burial.
Lung, jeune artiste gallois qui vient de signer son premier disque sur le tout jeune label londonien Kokeshi est ainsi un descendant direct de Burial. Son EP Afterlife / Time est directement inspiré des univers éthérés, profonds et vocaux de Burial. Les ressemblances sont d'ailleurs telles que l'on pourrait parfois taxer le jeune artiste de plagiat. Mais si l'on considère qu'il s'agit de sa première sortie, il serait plus juste de voir cela comme une merveilleuse capacité de synthèse, très bien exécutée et surtout, très prometteuse.


