<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0"><channel><title>M:3 - Guide informel des nouvelles cultures</title><link>http://www.magm3.com</link><description>Le M:3 est un site dédié aux nouvelles cultures sous toutes ses formes. Sont notamment à l'honneur la bande dessinée, les musiques électroniques et alternatives, la littérature contemporaine, le webdesign et les cultures urbaines.</description><copyright>© magm3.com 2006</copyright><language>fr</language><image>	<title>Magm3</title>	<url>http://www.magm3.com/v5/images/bandeau.png</url>	<link>http://www.magm3.com</link></image><pubdate>Sun, 24 Dec 2006 12:49:28 +0100</pubdate><item><title>testtestes</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-618-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>tsetesesttse</description></item><item><title>L'âme rouge de Blacksad</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-612-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>Après un premier tome flamboyant et un deuxième tome décevant, le chat désabusé revient pour une troisème série noire. <br /><br />Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, la série des <i>Blacksad</i> est réalisée par un ancien de chez Disney qui a remis au goût du jour l'anthropomorphie si célèbre chez le père Walt. Comprenez par là que les personnages sont des animaux à la silhouette humaine mais que Guarnido ne se contente pas de styliser un canard et de lui coller une veste de marin pour en faire un être humain. Il utilise en fait les traits caractéristiques des animaux pour amplifier certaines expresions faciales ou corporelles ou certains statuts sociaux.<br /><br />Et là où on aurait pu obtenir un charmant monde multicolore, Diaz Canales a préféré créer un monde résolument noir. Les scènes semblent toutes sorties d'un film de Bogart, le personnage de Blacksad est lui-même une effigie du mythique acteur américain. Anti-héros charmeur, il est un détective hors-pair ayant toujours face à lui les plus belles nymphes de l'amérique d'après-guerre. Mais sa condition de  chat noir le condamne à être malchanceux et confronté à des situations trop grandes pour lui...<br /><br />Pour ajouter à un cadre déjà bien dense, ce troisième tome se passe en pleine période chasse aux sorcières et de développement de l'arme nucléaire. Les auteurs prennent donc encore une fois le parti de donner dans le politique mais ils parviennent cette fois-ci à beaucoup plus de subtilité dans le traitement. Les personnages sont bien moins manichéens que dans le <a href="http://www.magm3.com/v6/article-134-0.html">tome précédent</a> et on se laisse bien volontiers prendre à cette enquête.<br /><br />Ce troisième tome est donc à nouveau une franche réussite qui replace Blacksad au devant de la scène de la BD grand public.</description></item><item><title>De l'utopie des rave parties à la génération iPod</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-591-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>Jean-Yves Leloup écume la scène électronique depuis de nombreuses années. Journaliste pour les plus renommés du milieu (Traxs, Radio FG...) et artiste sonore à ses heures (on se souviendra peut-être de lui sur les compilations <i>Highway and Landscape</i>), il est bien placé pour nous parler de l'évolution globale de ce milieu et c'est ce qu'il fait dans <i>Digital Magma</i> après s'y être essayé dans <a href="http://www.magm3.com/v5/article-478-0.html">Global Techno</a> en 1999.<br /><br />Le sous-titre <i>De l'utopie des rave parties à la génération iPod</i> explique tout de suite le point de vue qu'adopte Jean-Yves Leloup pour nous parler de la musique électronique, c'est celui d'une vision évolutionniste de la musique électronique populaire. En effet, il ne propose pas une histoire complète de la musique ou un répertoire des créations actuelles mais tente de comprendre quel est le fil conducteur de l'évolution parallèle des musiques électroniques et des technologies qui y donnent accès.<br /><br />Rédigé dans un style purement journalistique, <i>Digital Magma</i> ne veut pas se concentrer sur la musique purement électronique et encore moins sur les avant-gardes pointues, il s'intéresse aux fers de lances des différentes époques et cherche souvent les clés aux problématiques dans les symboles majeurs (que sont notamment les rave parties, l'iPod ou encore Internet). Ainsi, chacun pourra retrouver dans le propos des points d'accroche qui lui sont propres et pourra ainsi suivre avec une grande facilité cet ouvrage.<br /><br />Qui plus est, la structure du livre le rend extrêmement accessible. Faisant un clin d'oeil au phénomène de la culture <i>random</i>, il donne à son livre une structure parfaitement modulable. Le livre est séparé en plusieurs thèmes relativement indépendants les uns des autres et chaque thème comporte lui aussi des paragraphes indépendants. Ceci permet donc une lecture fractionnée et aléatoire, visant ainsi un large public qui ne serait pas forcément intéressé par le thème sur la longueur.<br /><br />Très bien documenté, <i>Digital Magma</i> est une bonne première prise de contact avec le milieu de l'électronique pour les néophytes ou les amateurs éloignés. En revanche, les personnes impliquées dans le milieu trouveront souvent les propos trop réducteurs ou partiels mais c'est là la nécessité de la vulgarisation. Un livre que nous conseillerons donc à toutes les personnes qui sont intéressées par le phénomène électronique ou par ses influences sur les autres arts et qui souhaitent lire en toute décontraction.</description></item><item><title>JTHM : Director's Cut</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-590-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>JTHM aka Jhonny The Homicidal Maniac n'est pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un gendre idéal. Bien que Jhonny soit un jeune homme sensible, cultivé et créatif, il a de sérieux problèmes psychologiques. Un exemple : la moindre contrariété le met dans une colère noire. Or, il a beaucoup de raison d'être contrarié. Il vit dans une bicoque délabré noyée parmi d'autres au milieu d'un lotissement sordide, dans une banlieue tout aussi sordide. Son physique rachitique et ses goûts vestimentaires particuliers ne l'aident pas non plus à entretenir de bonnes relations avec son entourage. De toute manière, 90% des êtres humains sont de sombres crétins qui sont au choix : stupides, hypocrites, incultes, grossiers, intolérants, ou tout cela à la fois. C'est ce que pense Jhonny, du moins lorsqu'il est dans un bon jour. Jhonny entends parfois des voix, ce qui le perturbe au plus haut point, surtout lorsque sa salière essaye de le pousser à se débarrasser du poivrier...<br /><br />Bref, le seul moment où Jhonny se sent bien, où il peut enfin s'exprimer librement et laisser libre cours à ses violentes pulsions artistiques, c'est lorsqu'il est enfin seul chez lui, dans sa cave... avec quelqu'un à torturer.<br /><br />Il se livre aussi parfois à des actes de violence gratuite lorsqu'il n'arrive plus à se contenir (qui n'a jamais été dérangé par un mangeur de pop-corn bruyant pendant un film au cinéma ? Qui n'a jamais eu envie à un moment de lui enfoncer son gobelet de pop-corn au fond de la gorge et la paille de son soda hypercalorique dans l'oeil ? Hein ?).<br /><br />Vous l'aurez compris, JTHM est un comic book violent, très violent. Moins que les effusions de sang, mutilations et tortures diverses dessinées avec un souci du détail évident (c'est fou ce que l'on peut faire avec une perceuse, un grille-pain, un téléphone ou plus classiquement un hachoir...), c'est le propos qui dérange le plus.<br /><br />Ici, la violence apparaît comme un moyen de maintenir l'ordre social, le meurtre comme un mal nécessaire. L'auteur considère que chacun a un horrible monstre en lui, qui lui permet de conserver sa santé mentale. Ainsi, en fantasmant des meurtres, des actes de torture, etc., on libère ce monstre et on l'empêche d'interférer dans la vie réelle. Ceux qui ne le font pas se mentent à eux-même, et seraient, d'après l'auteur, plus enclins à passer à l'acte... Et à la lecture de JTHM, il s'avère que c'est parfois un peu vrai : le chauffard qui vous insulte dans un bouchon, la grosse brute qui vous humiliait au collège, le hotliner qui se moque de vous et met dix ans à vous expliquer ce que vous saviez déjà. On a tous été confronté à un moment ou à un autre à des envies de meurtre. Et il faut bien avouer qu'imaginer ce même chauffard encastré dans un arbre quelques kilomètres plus loin, cette brute mordant la poussière ou ce hotliner pendu à son combiné est terriblement jouissif.<br /><br />Bref, JTHM est un comic book bien plus complexe, profond et dérangeant que la plupart des autres oeuvres du même genre. A cela s'ajoute un sens de l'humour noir, du nonsense, de la chronique sociale qui transpire à chaque page, des personnages secondaires savoureux (la palme étant décernée au petit Squee, un gamin délaissé par ses parents et terrifié par... les acariens), le tout magnifié par le trait de Vasquez. Son style graphique est tout simplement hallucinant (et halluciné), oscillant entre le cartoon macabre (qui rappelle parfois Tim Burton), l'esthétique punk  et les comics underground des années 90 (Mafhood, Dorkian, etc.).<br /><br />Enfin, la mise en page n'est pas négligée, et supporte l'ensemble avec originalité et moults détails sans toutefois nuire à la lisibilité. Bref, JTHM est un comic book à découvrir d'urgence si l'humour noir et la VO ne vous font pas peur.<br /></description></item><item><title>Le faste des morts</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-589-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description><i>Le faste des morts</i> est un recueil d'écrits de jeunesse de Kenzaburo Ôé. S'il est majoritairement connu pour ses romans qui lui ont valu le prix Nobel de littérature en 1994, ses premiers écrits recèlent néanmoins une richesse qui justifie leur réédition. Ce recueil nous présente donc trois nouvelles publiées entre 1957 et 1961 mettant en place les futurs écrits de Ôé.<br /><br />Mettant les personnages en scène dans des situations psychologiquement très éprouvantes, Ôé nous permet de fouiller la personnalité humaine avec à la fois beaucoup de précision et beaucoup de retenue. La nouvelle éponyme nous place dans la morgue d'une faculté de médecine où le protagoniste est chargé de transférer les cadavres d'une cuve de formol à l'autre. C'est avec une étrange fascination qu'il effectuera son travail intérimaire aux côtés d'une autre étudiante enceinte. Par la simple mise en situation, Ôé pose déjà de nombreuses questions existentielles mais il ne cherche jamais à émettre un avis sur cette situation.<br /><br />La seconde nouvelle nous plonge dans l'univers qu'il dépeindra plus tard dans son roman <i>Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants</i>, à savoir celui des enfants en situation de grande tension et des rapports de force qui se lient entre eux. Se déroulant dans une maison de correction, il met en scène des enfants dont la seule innocence est peut-être de ne pas comprendre la finalité de leur cruauté. Une nouvelle superbe qui nous sort des traditionnels récits d'enfance pour nous montrer toute la violence infantile que la société tente de refouler.<br /><br />Enfin, <i>Seventeen</i> nous plonge dans l'esprit d'un jeune homme fêtant ses 17 ans et en pleine crise d'adolescence. Extrêmement mal dans sa peau, il va vivre un revirement politique complet en passant d'une idéologie de gauche radicale à celle d'une droite extrême. Et plutôt que de dépeindre les terribles mécanismes d'embrigadement politique, Ôé focalise sur la malléabilité de l'idéologie adolescente et l'instabilité de cet âge.<br /><br /><i>Le faste des morts</i> permet donc de découvrir à quel point le talent de Ôé était déjà bien affirmé dans ses premiers écrits. Le format "nouvelles" permettra à ceux qui ont encore peur des auteurs orientaux de se réconcilier en douceur avec la grande littérature japonaise.</description></item><item><title>Peuples</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-578-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>Il existe de part le monde de très nombreuses ethnies. Certaines d'entre elles nous sont parfaitement familières, car organisées en Etats Nations, comme par exemple français, chinois ou canadiens. D'autres le sont du fait de la richesse de leur histoire, c'est le cas des mayas, ou bien sont simplement célèbres par dénomination, comme le sont les papous.<br /><br />Mais il en existe également beaucoup d'autres, qui ne sont parfois que des tribus de quelques centaines d'individus, dont on ne parle guère, dont personne ne se préoccupe. Il en existe des milliers qui vivent encore selon des rites, des croyances et des coutumes ancestrales dont l'origine se perd au fil des millénaires. Ce sont tous ces peuples et toutes ces tribus que Pierre de Vallombreuse a photographié, pour leur rendre hommage et nous les faire découvrir, mais aussi pour attirer l'attention de l'opinion sur leur disparition et leur acculturation.<br /><br />A travers de superbes clichés, qui jamais ne tombent dans le voyeurisme, le graveleux ou la victimisation, ils brosse un tableau de ce que les sociétés de part le monde sont en train de perdre dans le meilleur des cas ou de détruire dans le pire. Ce sont surtout les légendes accompagnant les photos qui décrivent l'urgence de la situation, à travers de très courts textes, mais qui touchent à l'essentiel. Les photos, elles, montrent des vies, parfois brisées, parfois encore porteuses d'espoir. Elles montrent des scènes classiques, curieuses, tristes ou joyeuses. Elles montrent la vie de ces peuples dans tout ce qu'elle peut comporter.<br /><br />En ouverture du livre, et qui doit être lu avant de porter un regard sur les photos, l'introduction poignante d'Edgar Morran. Celui-ci sait nous toucher, sait nous dire à quel point ces peuples ne sont pas inférieurs aux sociétés "civilisées", mais seulement différents. Et même dans ces différences, ils n'hésite pas à pointer avec justesse les parallèles et les liens qui peuvent être faits avec nos sociétés, des liens qui finalement nous les rendent terriblement proches. A travers ces quelques pages, il suscite en nous la curiosité de ceux qui désirent voir le monde selon d'autres points de vue, il nous rappelle à quel point nous pourrions apprendre de ces peuples, qui parfois furent fiers autrefois, et qui ne sont désormais que délaissés, battus, chassés et pourchassés ou bien encore exploités.<br /><br /><i>Peuples</i> est un superbe ouvrage de photographies, tant sur le plan artistique que sur le plan humain. Il est une leçon d'ouverture d'esprit et de tolérance, autant qu'une dénonciation des dérives de l'humanité. C'est là une oeuvre complète qui incite au questionnement et qui amène à la remise en cause.</description></item><item><title>Head Magazine : la tête haute</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-543-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>Si les Etats-Uniens ont leur culture de masse et les français leur "exception culturelle", les anglais ont quant à eux un savoir faire et une technique incomparable en ce qui concerne les nouvelles cultures et la manière de les mettre en avant.<br /><br /><i>Head</i> n'échappe pas à cette règle. Créé en 2003, ce magazine se veut une plateforme d'exposition permanente pour les artistes graphiques, qu'ils soient illustrateurs, inforgraphistes, dessinateurs, designers ou photographes. Et force est de constater qu'en plus d'être très bien pensé, ce principe fonctionne parfaitement.<br /><br />Le site du magazine est ainsi entièrement réalisé en flash, dans une très grande sobriété, ne mettant en avant que le travail des artistes présentés, seulement soutenus par un morceau musical  à chaque numéro, qu'il vous est possible de couper s'il vous paraît dérangeant. Aucune information n'apparaît sur les artistes présentés, mis à part leur nom et leur site web, si d'aventures ils en ont un. Certains pourront trouver cela dommageable, mais les créateurs expliquent ce choix par leur volonté de présenter les artistes "<i>sans forme de contenu écrit  qui pourrait influencer ou informer le lecteur plus que la simple réponse émotionnelle immédiate que provoque le travail en lui-même</i>".<br /><br />Techniquement, le résultat est très impressionnant. Les différentes pages se feuillettent comme un magazine traditionnel, et l'on se laisse vite porter par les différents travaux exposés. Et si d'aventures vous avez raté une sortie, sachez que tous les numéros sont disponibles dans la partie "Archives". Les liens vers les sites web des artistes sont quant à eux présentés en première page de la partie qui leur est consacrée, mais aussi sur la page des liens. Quant à la sélection effectuée, elle laisse rarement de marbre, et permet très souvent de découvrir des artistes confirmés autant que de jeunes talents prometteurs.<br /><br /><i>Head</i> s'avère donc être un magazine incontournable pour quiconque s'intéresse aux arts graphiques en général et désire s'informer de ce que la scène internationale peut aujourd'hui présenter. Il s'agît donc d'une très bonne source d'information, doublée d'une galerie d'art virtuelle accessible au plus grand nombre et ne mettant pas son nom en valeur, mais bien les artistes qui y sont présentés.</description></item><item><title>Réédition du premier Phonophani</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-533-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>Après deux remarquables albums sortis sur <i>Rune Grammofon</i> (<i>Genetic Engineering</i> et <i>Rock or Oak</i>), le scandinave <i>Phonophani</i> propose une réédition chez <i>Rune Grammofon</i> de son tout premier album sorti à 500 exemplaires en 1998 sur <i>Biophon</i> (le label de l'excellent <i>Biosphere</i>). Et pourtant, le son n'a pas pris une ride. En fait, si l'album était sorti aujourd'hui, il semblerait tout autant avant-gardiste.<br /><br />Développant une musique minimaliste feutrée, <i>phonophani</i> développe une très fine musicalité qui s'installe tout au long de ses 55 minutes. Les sonorités sont filtrées avec soin, attenuant ainsi l'effet parfois suraigu des sonorités electronica des autres artistes de cette scène. <br /><br />L'album ne s'impose ainsi jamais à son auditoire, il demande à ce que l'on se plonge dans son univers pour réellement l'apprécier mais une fois fait, on aura bien du mal à s'extraire de cet album avant la fin. <i>Phonophani</i> n'est pas sans rappeler <i>Boards of Canada</i> sans les envolées lyriques ou <i>Biosphere</i> par son travail de filtrage. Il développe une musique simplement harmonieuse mais sans réelle mélodie caractéristique, l'usage extrême des filtres permettant de faire chanter à souhait ses machines comme en témoigne notamment le titre <i>Kaliphoni</i>.<br /><br /><i>Phonophani</i> est donc un superbe album aux multiples facettes, à la fois discret et remarquable, à la fois doux et grésillant, électronique et humain. Une performance qui reste parfaitement d'actualité avec huit années d'existence et dont la réédition est pleinement justifiée, n'en déplaise aux quelques possesseurs de la première édition.</description></item><item><title>Rhyme Torrents Volume IV : les nerds sont Hip</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-528-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>Habituellement, les nerds sont plutôt une catégorie sociale que les gens préfèrent éviter, surtout dans les pays où cette catégorie est fortement stigmatisée (qui a dit les Etats-Unis ?). Pour ceux qui ne comprendraient pas de quoi il retourne, petite mise au point : le nerd est un être généralement chétif et pâlichon, assez peu social, ayant comme amis d'autres nerds. Lorsqu'ils sont en bande, les nerds discutent jeux de rôle, animés, et beaucoup informatique et jeux vidéos, car c'est là leur principale raison de vivre. En bref, ils n'ont généralement pas une très bonne réputation.<br /><br />Mais il semblerait que celà soit sur le point de changer. Car le hip hop arrive en force chez les nerds et ceux-ci s'en empare pour en faire leur propre musique. C'est ainsi qu'est née la série de compilations Rhyme Torrents, qui permettent de faire découvrir cette scène étrange qui rappe sur les choses de son monde (un peu décalé).<br /><br />Cette compilation commence donc avec <i>N.C.H.H</i> de DJ Snyder, qui constitue une très bonne introduction, avant d'embrayer directement avec le <i>WoW</i> des Futuristic Sex Robotz, un morceau efficace et amusant qui place un peu les poncifs du gansta rap au sein du jeu de rôle online massivement multijoueur <i>World of Warcraft</i>.<br /><br />Les choses se poursuivent encore le long de cette compliation, jusqu'à ce que l'on atteigne Old Scratch, qui nous propose un morceau entièrement basé sur une rythmique assez dure et tribale. Même si celui-ci est un peu pompier, on appréciera tout de même son efficacité indéniable.La première vrai bonne surprise vient cependant du morceau suivant<i>Get Lifted</i> par Microphone Messaging, qui propose un ego trip ironique sur une production que n'auraient pas reniés Blackalicious ou Lateef. Le tout est en plus relevé par le bon flow des MCs participant à ce morceau.<br /><br />La suite des joyeusetés n'est pas loin puisque Big Tizzle et MC Wreckshine se proposent de créer une nouvelle religion basée sur <i>Calvin &amp; Hobbes</i>. Sous le texte amusant de cette chanson se cache tout de même quelques lignes au vitriol contre l'hypocrisie religieuse des Etats-Unis, la plus flagrante étant celle du refrain :<br /><i>Donate to the plate and you might be saved some day<br />Multiply dollar signs, we have no faith in division<br />Thanks for your participation to the brand new religion</i><br />(Mettez votre obolle dans la corbeille et vous serez peut-être sauvé un jour<br />Multipliez les symboles du dollar, nous n'avons pas foi en la division<br />Merci pour votre participation à la nouvelle religion).<br /><br />S'ensuivent : Diskette qui propose un assez long morceau, oscillant entre abstract, ambiant et electronica, assez bien maîtrisé, <i>Rod Carew</i>, de Noixe, un morceau très minimal et très bien mené par le flow de son rappeur et enfin, l'un de mes préférés, <i>Bill Gates Revolution</i> par 133t G33k B34t (prononcez <i>Leet Geek Beat</i>), bel ego trip où MC Router s'en prend à Bill Gates et l'imagine devant faire face à une révolution.<br /><br />Si le hip hop ne sera certainement pas sauvé par les nerds, les nerds, eux, devraient continuer à faire du Hip-hop. Sur les 20 morceaux que présente cette compilation, une bonne moitié sont véritablement intéressants. Se démarquant des clichés habituels, les artistes présents rappent sur leur quotidien et font preuve d'une bonne originalité, ainsi que d'une maîtrise certaine de leur art. De plus, cette compilation est disponible en téléchargement gratuit sur le site officiel de Rhyme Torrents. Alors pourquoi se priver de découvrir de nouveaux artistes, dont plus d'un avec un avenir lorsque c'est gratuit ? </description></item><item><title>Algernon Woodcock : sept coeurs d'Arran</title><link>http://www.magm3.com/v5/article-513-0.html</link><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:59:59 +0100</pubDate><description>Après une première partie en deux tomes intitulée <a href="http://www.magm3.com/v5/article-113-0.html">L'oeil fé</a>, Guillaume Sorel et Mathieu Gallié nous replongent dans l'étrange histoire d'Algernon Woodcock trois années après les curieux événements qui ont bouleversé sa vie. Cette fois-ci, il est convoqué d'office sur l'île d'Arran où ont eu lieu de nombreux crimes barbares afin de mettre ses talents de médecin à l'usage sur la criminelle repentie...<br /><br />La sortie d'un nouveau Sorel est toujours un événement à souligner en bande dessinée ne serait-ce que par un simple intérêt graphique mais aussi pour le choix des scénarios qui est en général d'une bonne tenue pour tout amateur de Weird Fantasy (même repenti). <i>Sept coeur d'Arran</i> n'échappe donc pas à la règle et propose une bonne mise en place d'un cadre néogothique parfaitement installé et parfaitement illustré : ports écossais, crimes sauvages, paysans apeurés et mystérieux, légendes locales...<br /><br />Cependant, le premier tome souffre un petit peu du traitement du scénario qui se trouve être extrêmement linéaire. Tout commence par une bonne convocation qu'il est impossible de refuser et qui n'implique les protagonistes que comme de simples pions et non pas comme des participants au récit à part entière. Et de plus les personnages s'annoncent trop manichéens...<br /><br />Ce n'est qu'en abordant le second tome que l'on comprend mieux toute cette mise en scène et qu'elle prend son véritable sens, il reste certes des défauts mais les personnages et leur positionnement dans l'histoire prennent un sens plus profond à la lecture de celui-ci et même la convocation inévitable devient le fait d'un dessein bien plus complexe et plus personnel.<br /><br /><i>Sept coeurs d'Arran</i> est donc un ouvrage de weird fantasy à lire dans son intégralité si on veut en apprécier pleinement le scénario qui apportera aussi un éclairage nouveau sur la série précédente. Le dessin quant à lui est tout simplement superbe mais était-ce la peine de le préciser?</description></item></channel></rss>