<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0"><channel><title>M:3 - Guide informel des nouvelles cultures</title><link>http://www.magm3.com</link><description>Le M:3 est un site dédié aux nouvelles cultures sous toutes ses formes. Sont notamment à l'honneur la bande dessinée, les musiques électroniques et alternatives, la littérature contemporaine, le webdesign et les cultures urbaines.</description><copyright>© magm3.com 2006</copyright><language>fr</language><image>	<title>Magm3</title>	<url>http://www.magm3.com/v6/Images_Site/Logo.png</url>	<link>http://www.magm3.com</link></image><pubdate>Wed, 03 Sep 2008 15:58:24 +0100</pubdate><item><title>La musique sacrée d'Arvo Pärt</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-688-0.html</link><pubDate>Wed, 03 Sep 2008 00:00:00</pubDate><description>Né en Estonie en 1935, Arvo Pärt est avant tout un compositeur de musique sacrée et un artiste emblématique de la musique minimaliste contemporaine. Loin de nous la prétention de pouvoir analyser ou critiquer le travail d'Arvo Pärt mais force est de constater que la musique de Pärt multiplie les apparitions ces dernières années, notamment sur les BO de films (<i>Gerry</i>, <i>Fahrenheit 9/11</i>, etc...) sans que son nom ne soit jamais mis à l'honneur en dehors de la scène spécialisée. Et pourtant, Pärt est un artiste qui mérite d'être découvert par tous, car son influence actuelle est extrêmement importante sur l'ensemble des musiques minimalistes actuelles (dont la musique électronique) mais aussi car elle est d'une rare accessibilité.<br /><br /><br /><br />Pour beaucoup, la musique orchestrale contemporaine est quelque chose de coincé entre les affreuses BOs clinquantes de William John (<i>Star Wars</i>, <i>Rencontre du troisième type</i>...) et les expérimentations savantes d'un Edgard Varèse. C'est méconnaître un domaine où tous peuvent trouver leur compte. <br /><br /><br /><br />Contrairement au premier exemple, la musique de Pärt vous gagne tout en souplesse et en subtilité, avec des tonalités essentiellement feutrées et des rythmes doux. Contrairement au second exemple, sa musique reste toujours facilement accessible tout en faisant preuve d'une richesse de composition suffisante pour retenir votre attention au fil des écoutes. <br /><br /><br /><br />Contrairement à nombre de ses contemporains qui ont bouleversé les canons du genre, Pärt a orienté sa musique dans un sens toujours mélodieux, plaisant à l'oreille dès la première écoute. En ce sens, il fait partie de la scène contemporaine populaire aux côtés des <i>Steve Reich, John Adams, Phillip Glass</i> et autres artistes du <i>Nonesuch</i>. Cependant, contrairement à ces derniers qui ont souvent opté pour la musique répétitive qui vous accrochera de suite l'oreille, Pärt a fait le choix d'une musique plus exigeante, qui requiert que l'on s'adonne à une écoute approfondie pour en percevoir le sens.<br /><br /><br /><br />Quand on écoute Pärt, on se retrouve en quelque sorte face à soi-même. La musique vous guide mais ne s'impose jamais d'elle-même, vous la suivez tout en traçant vous même votre propre chemin. Elle ne s'adaptera pas à toutes les circonstances, loin de là mais dans un moment de calme, la musique de Pärt viendra vous apporter une plénitude difficile à trouver avec les autres productions actuelles.<br /><br /><br /><br />A notre sens, des bonnes portes d'entrée pour l'univers d'Arvo Pärt sont:<br /><ul><br /><li><i>Für Alina</i></li><br /><li><i>Fratres</i></li><br /><li><i>Kanon Pokajanen</i></li><br /></ul></description></item><item><title>Krushed and Sorted : African Dope's Greatest Hit</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-686-0.html</link><pubDate>Mon, 01 Sep 2008 00:00:00</pubDate><description><i>African Dope's Greatest Hit</i>. On notera l'absence du "s" tant attendu au dernier mot. D'aucun diront qu'ils ne voient pas la différence, qu'il s'agît toujours d'une compilation mixée. L'absence de "s" n'est probablement qu'une erreur typographique. Pourtant, cette absence ne manque pas de sens : <i>African Dope's Greatest Hit</i> devient le plus beau coup porté par le label, un coup qui allie à la fois force et technique.<br /><br />African Dope est un label basé en Afrique du Sud, dirigé par deux vétérans de la musique de ce pays, Krushed and Sorted, un nom que l'on trouve tout à fait idéal pour des DJs ayant atteint une maîtrise indiscutable de leur art. La meilleure façon de faire connaître un label étant encore d'en distiller les productions, les deux compères s'y attèlent donc en 2007 dans l'espoir de frapper un grand coup. Et c'est un grand coup que nous, votre rédaction préférée (et un peu égocentrique), nous sommes pris dans les gencives.<br /><br />Mélangeant avec un soin tout particulier des styles aussi variés que le ragga, le downtempo, le drum'n'bass ou le hip-hop instrumental teinté d'idm et de turntablism, Krushed and Sorted réussissent tout de même à délivrer une perle d'une incroyable beauté alors que tout les poussaient plus vers une chute inexorable. Mais la qualité de leur sélection accompagnée d'une technique quasiment irréprochable leur permettent de nous délivrer un mix qui devrait faire baver même les plus aguerris des DJs (d'ailleurs, le DJ maison de la rédaction de tarît pas d'éloge sur ce mix).<br /><br />Si les premiers morceaux semblent incertains, la direction confuse, tout est remis en ordre dès la troisième piste. Les deux premières prennent alors le statut d'introduction : "voilà le voyage que nous voulons faire et auquel nous vous invitons", semblent nous chuchoter les deux artistes. Au vu de la liste des genres, l'auditeur averti entrevoit les dangers de cette route, mais devrait aussi savoir que si un tel voyage est au final un succès, le plaisir et la délectation de celui-ci n'en seront que plus grand. Et nos deux DJs sont bien au courant de la frustration et du mécontentement qu'ils eussent pu engendrer si leur entreprise avait faillie.<br /><br />Mais une fois de plus, ces deux là sont comme deux artisans amoureux de leur travail. Ils ne choisissent que les passages de choix dans des morceaux de qualité. Si il y a bien une liste de morceaux liés à des pistes en quatrième de jaquette, ceux-ci sont réellement beaucoup plus intriqués, s'invitant les un chez les autres, apportant leurs petites touches pour obtenir une atmosphère sidérante de créativité. Mais de bonnes pierres ne suffisent pas pour construire un bel immeuble, et la technique est le ciment qui fait souvent défaut. Mais ce n'est pas le cas ici, non, car la technique est maîtrisée.<br /><br />Enchainant entre véritable mix entre les pistes, comprenez par là que deux morceaux peuvent se mélanger et s'enrichir mutuellement plus de 20 secondes de suite, et cuts aussi précis qu'ils semblent chirurgicaux, le tout est épicé de quelques scratches dont l'origine est aussi incertaine que brillante. Qui se soucie de savoir si le scratch est présent dès l'origine ou s'il a été ajouté par les DJs ? Tant que la transition est bonne, tout va bien. Et de cette technique si millimétrée ressort une oeuvre cohérente et sensible. Nous ne sommes en rien des fans de ragga, mais les morceaux choisis ici tombent très justement en place, sont tels des bouffées d'oxygène avant de replonger dans une turpitude de beats syncopés, de scratching fous et de MCs rappant des basses saturées, se situant quelque part entre le crunk et Quasimoto. Et le tout uniquement avec des artistes et des oeuvres signés sur leur label. Brillant.<br /><br />Bien entendu, la musique ne diffère pas tant de la littérature, et comme cette dernière aime à diffuser les bonnes feuilles, ce ne sont que les bonnes parties des morceaux qui sont diffusées. Certaines perles se sont perdues en chemin, comme l'intégralité du dialogue entre le père et le fils sur <i>Nice One George</i>, des Real Estate Agents. Mais l'auditeur doit aussi comprendre qu'il ne peut pas tout avoir, et que le but premier est de le faire saliver pour mieux l'attirer. Mais quand l'objet promotionnel devient aussi abouti que ce <i>Greatest Hit</i> dévastateur, alors on se laisse volontier porter.<br /><br /><i>African Dope's Greatest Hit</i> est une quintessence du mix, qui permet de découvrir la créativité d'un pays souvent éradiqué de la carte musicale, qui permet de découvrir des talents d'ingéniosité et de musicalité, souvent enrichis d'un humour bon enfant rafraichissant. Tout mélomane averti qui se retrouve dans les oeuvres musicales que nous tentons de vous faire découvrir à travers ce site devrait trouver de quoi longtemps combler ses envies dans ce mix. Et à l'écoute, peut-être le mix lui fera-t-il découvrir d'autres artistes prometteurs, peut-être connus par ailleurs (Marcus Wormstorm, membre du duo Real Estate Agents, est aussi membre du Black Heart Gang). En bref, du bonheur en barre.</description></item><item><title>Pete Namlook et Burhan Öçal entre les genres</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-687-0.html</link><pubDate>Mon, 01 Sep 2008 00:00:00</pubDate><description>Pete Namlook -Peter Kuhlman de son vrai nom- est surtout connu pour avoir fondé en 1992 le label <a href="http://music.hyperreal.org/labels/fax/" target="blank">FAX Recordings</a>, dédié à une ambient épurée et minimaliste, loin des productions habituelles de cette branche musicale à cette époque. Burhan Öçal est quant à lui un homme orchestre de renom sur la scène traditionnelle turque et du moyen orient en général.<br /><br /><br /><br />L'album <b>Sultan - Osman</b>, paru en 1998 sur FAX Recordings, est le fruit d'une collaboration déjà entamée depuis quelques années entre ces deux grandes personnalités de la musique. Contrairement à la ligne habituelle du label, <b>Sultan - Osman</b> n'est absolument pas un album ambient influencé par la musique orientale comme on pourrait le croire a priori. Cette collaboration a totalement délaissé le terrain de l'ambient pour coller de très près aux sonorités et aux rythmes traditionnels orientaux. L'influence de Namlook s'adaptant essentiellement à un Burhan Öçal inspiré par les sonorités habituelles de Pete Namlook. Ainsi, dans un morceau endiablé comme le premier de l'album, Namlook appuie un rythme binaire marqué et un traitement du son très clair pour appuyer un Burhan Öçal déchaîné alors que dans la troisième partie ou la quatrième partie, ses nappes viennent habiller les cordes minimalistes et la voix de Öçal.<br /><br /><br /><br />Etonnamment, alors que ce projet a maintenant 10 ans, il n'a pas pris une ride tant il est inspiré et subtil. Loin des autres essais du genre qui, comme les productions du label Outcast (Badmarsh & Shri, Nitin Sawhney, etc...) qui ont eu plus de gloire lors de leur sortie mais qui sont devenues quasiment inaudibles aujourd'hui tant elles sont datées, <b>Sultan - Osman</b> reste une oeuvre très intéressante à écouter à ce jour, les deux artistes ayant réellement trouvé un terrain de symbiose musicale, subtil et inspiré. C'est dans cette subtilité et cette intelligence que l'on reconnaît indéniablement la marque de fabrique de ce grand label qu'est FAX. A (ré-)écouter d'urgence pour les amateurs de musiques électroniques bien faites et pour les amateurs de musiques orientales traditionnelles.</description></item><item><title>L'étonnante histoire de Wall-E</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-685-0.html</link><pubDate>Mon, 25 Aug 2008 00:00:00</pubDate><description>Etonnante fable que celle que nous raconte Andew Stanton, le réalisateur et co-scénariste de Wall-E. Etonnante, car on ne pouvait s'attendre à un tel manifeste sortant des usines à gaz (avec tout le respect qui leur est dû pour ce qui est de la technique) que sont les studios Disney-Pixar.<br /><br />Mais commençons par le commencement. La Terre n'est plus celle que nous connaissons. Nous sommes dans le futur, et les deux derniers habitants de la planète sont un cafard et un robot : Wall-E. Wall-E est une anagramme qui stipule la fonction du robot : nettoyer tous les déchets produits par une surconsommation acharnée. 700 ans après avoir été mis en service, le petit robot est devenu assez autonome, même si sa vie se résume essentiellement à compacter des paquets de déchets et à les empiler, tout en conservant et archivant les objets qui sont encore en état de fonctionnement. Bien évidemment, tout bascule pour Wall-E lorsqu'un autre robot, Eve, arrive sur Terre.<br /><br />Nous n'en dévoilerons pas plus sur le scénario, mais ceci devrait être suffisant pour comprendre en quoi Wall-E est étonnant. Tout d'abord il s'agît effectivement d'une fable écologique. La Terre, dans le futur, est non seulement recouverte, mais également encerclée par les déchets produits par une humanité qui ne désirait pas s'en occuper. Bien triste à dire, mais il s'agît là d'un problème très contemporain. Comment en est-on arrivé là ? La faute à une méga-corporation, la BNL, Buy N Large, ce qui peut se traduire par 'Achetez et Elargissez' ou 'Achetez en Grandes Quantités'. C'est la dernière corporation mondiale, mais c'est elle qui dicte tout. La planète est devenue une gigantesque entreprise. Critique acerbe de la mondialisation et de la société de consommation.<br /><br />Mais la critique, si elle n'apporte pas de solution, ou ne tente pas d'en jeter les bases, est assez inutile. M. Stanton semble penser de même. Sa solution ? L'individualité. Car Wall-E finira par rejoindre des êtres humains, exilés à bord d'un gigantesque vaisseau spatial. Ils sont fainéants, paresseux, et ne réfléchissent pas, car des ordinateurs le font pour eux. Mais ceux qui rencontrent Wall-E sont obligés de sortir de leur routine et de prendre des décisions, ils deviennent clairement différents. Au grand dam de l'ordinateur de bord, qui partage jusqu'au thème musical de Hal 9000, l'ordinateur de <i>2001, l'Odyssée de l'Espace</i>. Et de nouveau critique de notre société actuelle. Il est néfaste de ne s'appuyer que sur les technologies que nous avons créées, tout comme il est néfaste de ne pas afficher sa propre individualité.<br /><br />Plus étonnant encore, la façon dont ce message est porté, tant à l'attention des enfants, première cible du film, qu'à celle de leurs parents, bien obligés de les accompagner. Les parents peuvent voir le message immédiatement, celui-ci est loin d'être dissimulé. Mais pour que les enfants accrochent, il faut les intéresser. Aucun problème, le design du film est fait pour eux. Les graphistes de Pixar ont réussi l'exploit d'humaniser les robots sans en faire des humains. Ils leur ont donné une âme, à travers leur apparence, mais aussi à travers leurs actions et les bruitages qui les accompagnent. Et tous les robots semblent assez familiers, car ils ont des textures et des formes qui rappellent les petits robots jouets qu'il est possible d'acheter de nos jours en magasin.<br /><br />Etonnant, donc, de voir pareille fable sortir des usines à gaz d'Hollywood, mais rafraichissant également. Très agréable surprise. Mais quid de la suite ? Doit-on voir là une nouvelle route s'ouvrant devant nous, une route que sont prêts à prendre les grands studios pour éduquer le public quant aux nécessités du futur et à l'avenir que nous préparons ? Ou est-ce seulement là le cri du coeur d'un seul homme, un cri qui doit être entendu, mais qui peut tout aussi bien rester lettre morte ? Nul ne peut le dire à cette heure, mais espérons que d'autres y verront une ouverture. Wall-E est le parfait exemple du divertissement intelligent, proposant plusieurs niveaux de lecture, et n'oubliant pas que la recherche artistique est tout aussi importante que la réflexion qui l'accompagne.</description></item><item><title>Weeds planne au-dessus du lot</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-684-0.html</link><pubDate>Fri, 22 Aug 2008 00:00:00</pubDate><description><i>Weeds</i>  fait partie de ces nouvelles séries à budget qui ont commencées à envahir progressivement nos petits écrans. Mais là où les autres sont gentiment drôles ou difficilement crédibles, <i>Weeds</i> prend le parti de la satire pour dépeindre une société américaine qui semble bien mal en point.<br /><br />Nancy Botwin est une veuve et mère d'âge moyen (35-40 ans) qui survient aux besoins de sa famille grâce à un commerce illégal de Marijuana. Si ses deux fils, le cadet ayant 8-10 ans et l'aîné étant un adolescent version période difficile (15-17 ans), ne se doutent de rien au départ, ils ne tarderont pas à se rendre compte de la réalité des choses, tout comme leur mère, d'ailleurs.<br /><br />Car Nancy est comme tout autre entrepreneur. Les affaires marchent assez bien pour elle. Sa base de consommateurs : ses voisins et amis, pour certains, qui vivent également à Agrestic, petit ghetto doré qui se veut banlieue aisée classique des Etats-Unis. Mais les gens qui y vivent s'ennuient profondément et terriblement. Ils sont contraint à la règle inhérente à toute banlieue pavillonnaire : conserver les apparences avant tout et à n'importe quel prix. Sachant cela, et décidant que le commerce de plante qui fait rire n'est pas si difficile, Nancy décide d'agrandir son champ d'action. Et c'est là que tout bascule.<br /><br />Car qui dit agrandissement dit d'abord augmentation de l'activité. Une augmentation qui ne passera pas inaperçue aux yeux de ses deux fils. Si le cadet ne saisi pas tout au départ, il développera un vrai sens du commerce très rapidement. L'aîné, quant à lui, saisira les choses plus vite, et tentera de les exploiter au mieux, malgré son indécision entre un désir de rébellion à l'encontre de sa mère et la volonté de participer très activement à son petit commerce, surtout pour faire vivre la famille, mais aussi pour la faire enrager, et par appât du gain facile.<br /><br />Et comme dans tous les milieux illégaux, une expansion signifie également l'arrivée très rapide d'une concurrence qui fait rarement des cadeaux. Nancy se retrouve donc à devoir faire face à une réalité beaucoup plus brutale que la drogue qu'elle vend. Chantage, meurtre, corruption, parties de jambes-en-l'air qui mêlent besoin de sexe et nécessité professionnelle, tout y passe. Car à travers ces personnages bien construits et une situation qui n'est pas si incroyable que ça, c'est surtout un portrait acide et précis des banlieues riches américaines qui est dressé à travers toute la série.<br /><br />Les membres de la communauté d'Agrestic se montrent en effet progressivement sous leur véritable jour : hypocrites, épuisés, blasés et surtout jaloux et prêts à tout pour en obtenir un peu plus. Les membres des différentes organisations criminelles que Nancy sera amenée à côtoyer sont, en comparaison, des modèles de franchise. Mais quelle vérité démontrent-ils ? Celle qui est aussi décrite dans <i>Freakonomics</i>, l'excellente étude de Stephen Dubner et Steven Levitt. Les malfrats ne sont pas plus mal éduqués que les autres, ils sont seulement confrontés à un système qui les rejette. Pour survivre, mais aussi très clairement par appât du gain, ils sont donc passés dans l'illégalité. Leurs valeurs ? Le respect de ceux qui se montrent courageux malgré leurs peurs, le respect de ceux qui sont près à tout pour s'en sortir, mais aussi une très forte conscience qu'ils peuvent difficilement faire confiance à qui que ce soit, et que les amitiés sont très relatives lorsque le business s'en mêle. Lé série propose ainsi tout un florilège de personnages, qui, sans être d’une complexité aberrante, sont aussi très loin du manichéisme habituel des personnages de films ou de séries américains. <br /><br />Une autre force de la série est sa narration, quasi continue. Chaque saison reprend précisément où la précédente s'était arrêtée. L'histoire est toujours très cohérente et ne se perd que rarement en digressions. D'ailleurs, en fait de digressions, ce sont surtout les tentatives d'alléger une ambiance très lourde par la comédie qui plombent le plus l'histoire. Mais ces petits moments de comédie tournent généralement très vite au cynisme le plus absolu, n'offrant qu'une courte échappatoire avant un nouveau plongeon dans une décadence cachée.<br /><br />Au final, <i>Weeds</i> dresse surtout le portrait d'une société complètement gangrénée par son hypocrisie croissante et son obsession constante pour les apparences, qui poussent à un déni total d'une réalité qui n'est guère joyeuse. Le tout est soutenu par des acteurs d'un incontestable talent, qui savent endosser toute la psychologie, assez complexe mais sans l'être trop non plus, de leurs personnages. Trois saisons pour une série qui se dévore de bout en bout, le final de la troisième saison étant l'apothéose complète. On n'en révélera d'ailleurs que la surprise de voir un chef de gang philosopher de manière assez juste sur le sens de la vie. Au moment où j'écris ces lignes, il semblerait qu'une quatrième saison soit en cours de diffusion aux Etats-Unis, mais ne l'ayant pas vue, je ne peux juger. Espérons simplement qu'après le magnifique final de la troisième saison, cette quatrième ne vienne pas, comme tant d'autre, plomber une oeuvre qui se suffit déjà à elle-même. Seul l'avenir nous le dira...</description></item><item><title>Lyrics Born : Same !@#$ Different Day</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-683-0.html</link><pubDate>Thu, 21 Aug 2008 00:00:00</pubDate><description><i>Same Shit Different Day</i>. Pour les non-anglophones (si si, ça existe encore), le titre peut se traduire par "Différente journée, même merde". Un titre bien choisi, tant en raison du contenu de l'album que des sujets traités.<br /><br />Le contenu de l'album pour commencer. Beaucoup de remixes, au moins la moitié des titres. Pour qu'il y ait remix, il faut des morceaux originaux. La plupart sont du premier album, sobrement intitulé "Later that Day...". Quelques-un datent du collectif Quannum, label-collectif en survivance constante quand il n'est pas en mort artificielle. Mais les remixes sont bons. D'ailleurs, quand on voit la liste des participants, on en doute pas une seule seconde: Dilated People & K.R.S One, Stereo MCs, DJ Spinna, et des apparitions, entre autres par les Poets of Rythm.<br /><br />Ca, c'est pour la partie visible de l'iceberg. On a annoncé la couleur, hissé le pavillon, chargé les canons... Alors qu'est-ce qu'on tire ? Eh beh on tire du bon. De l'electro au funk, en passant par la soul et le hip-hop, sans oublier une ou deux très légère touches de rock très bien intégrées. Si le début de l'album est très up-tempo, le reste se calme un peu pour au final offrir l'homogénéité certaine d'un éclectisme maîtrisé. Ce sont ainsi cuivres funk, riff de guitares funk ou rock, beats hip-hop et choeurs soul qui se télescopent pour le plus grand plaisir de l'auditeur.<br /><br />Quant au thèmes abordés, on est plutôt dans le rose fadasse de la vie de tous les jours que dans le noir de la revendication politique. Lyrics Born appelle ses auditeurs à faire la fête, les harangue de ses rimes débitées avec ferveur, les entretient au sujet de ses relations amoureuses houleuses ou se pose en penseur du dimanche concernant certains faits de l'Histoire. Mais au final, celle avec un grand H semble avoir autant d'importance pour lui que toutes celles qui se contentent du h minuscule.<br /><br />Au final, on pourrait craindre pour la cohérence de l'ensemble, surtout si l'on s'arrête au fait que l'album contient plus de remixes qu'autre chose. Mais grâce à la maîtrise du son dont font preuve tous les intervenants (DJ Shadow est de la partie à la production de certains titres), l'ensemble est même beacoup plus cohérent que le premier album. L'auditeur averti appréciera l'avertissement qui suit : <i>Same !@#$ Different Day</i>, c'est un son moite qui sent la sueur, c'est une lueur d'excitation dans le regard et c'est avant tout des fesses qui se trémoussent sur des rythmes allant du volontairement pesant au plus endiablé. Indescriptible mais savoureux, un album parfait pour les plages ensoleillées de l'été.</description></item><item><title>Blublu par Blublu</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-682-0.html</link><pubDate>Wed, 20 Aug 2008 00:00:00</pubDate><description>Blublu. Voilà un nom bien étrange. On s'attendrait presque à voir débarquer "Bloo", l'étrange fantôme bleu de <i>Foster's Home for Imaginary Friends</i> (mention légale : une série de Cartoon Networks, tous droits réservés, copyright, TM, et tout le toutim). Mais non, en fait. Blublu est italien et street artist... Street Artist d'un genre particulier.<br /><br />Tout son travail est présenté sur son site, <a href=http://www.blublu.org target=_blank>blublu.org</a>, de ses premiers dessins, à ses peintures murales, qui parfois prennent vie sous la forme de vidéos d'animation. Le site est bien construit, et permet de suivre aisément le parcours de l'artiste depuis l'an 2000. A la question Blublu est-il un bug, nous ne répondrons pas. Sachez seulement qu'il arrive parfois qu'un petit bug devienne une grande qualité.<br /><br />Pourquoi cette remarque? Parce que c'est le cas de Blublu. L'évolution de son travail est fascinante, passant d'un style street influencé par certaines oeuvres graphiques underground, à quelque chose de plus contemporain, de plus expressif au niveau personnel. Mais la véritable perle de son travail réside dans la partie que nous avons mentionné plus haut, l'animation des peintures murales. Et là, j'entends les blasés faire claquer le bout de leurs langues vipérulentes : "Alors quoi? Il prend des photos de ses dessins et il en fait des dessins animés avec Photoshop . Houuuuuu !"<br /><br />Et de fait, je leur réponds que oui, mais aussi que non. Que oui, car effectivement, il prends des photos de ses peintures murales, photos sans doute numériques pour pouvoir ensuite les monter plus facilement, du moins cela semble assez logique. Mais que non car l'animation n'est pas faite sous, mais sur. Pas sous Photoshop, mais sur le mur. Chaque étape est peinte sur la précédente à même le mur, ce qui donne au trait un rendu très particulier, sans parler du fond. Ajoutez à cela que Blublu s'amuse à faire des boucles, et que certaines de ses animations sont intégrées à d'autres plus complexes et longues, et vous obtenez la véritable richesse de cet artiste. Il est à la fois contemplatif, sciencefictionnesque et minimaliste, mais toujours réfléchi (ce dernier qualificatif s'appliquant autant à l'artiste qu'à son art).<br /><br />Parce que l'art des rues commence à sauvagement s'incruster dans l'art institutionnel, que le peuple reprend le contrôle de ce qu'il veut être son esthétique, et avant que l'art de rue ne devienne la norme, vous, lecteur averti, devriez cesser de lire celui qui en parle pour aller admirer le travail de celui qui le fait. Et ainsi, peut-être que dans quelques décennies, vous pourrez vous rappeler de ces lignes quand un jeune de 20 ans reproduira sur un mur sauvage, à l'aide de pinceaux et de pigments, une des plus grande toile classique. Car être rebelle, ce n'est finalement qu'être différent. Et différent, Blublu l'est allègrement.</description></item><item><title><i>Marie-Antoinette</i> de Sofia Coppola</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-681-0.html</link><pubDate>Mon, 19 May 2008 22:00:00</pubDate><description>Quand on entend le titre du film pour la première fois, on pense immédiatement qu'il s'agît d'une reconstitution historique de la vie d'une des dernières reines de France. Ensuite se présente l'affiche, censée, comme tout autre artifice publicitaire, susciter l'envie du spectateur; Celle-ci laisse dubitatif. On y voit essentiellement le regard cristallin mais perçant d'une jeune femme, que l'on devine richement habillée. Et on y voit le titre du film, écrit à la manière du <i>Never Mind the Bollocks</i> des Sex Pistols. Et là le doute est très clairement installé quant à la supposée historicitée de l'histoire.<br /><br />Car si Marie-Antoinette est effectivement une libre interprétation de ce que pouvait être la vie de la reine à Versailles, c'est aussi et surtout un film traitant des turpitudes de l'adolescence. La jeune reine est envoyée très tôt en France où elle doit se marier avec le dauphin Louis, alors même que tout deux ne font que sortir lentement de l'enfance et ne se connaisse même pas. Marie-Antoinette se retrouve alors confrontée à un monde de politiques, de pressions et d'usages qui lui paraissent complètement obsolètes. La mort de Louis XV précipitera d'ailleurs le jeune couple dans l'âge adulte sans qu'aucun des deux ne soit véritablement préparé à ce qui les attends.<br /><br />Mais la Marie-Antoinette dépeinte par Sofia Coppola reste une adolescente qui s'ennuie et veut juste profiter de la vie, loin des frivolités de Versailles. Elle ne désire qu'être avec ses amis, ne prend que peu part à la vie du château et goûte encore moins à ses règles. Et surtout, elle s'ennuie à mourir. Sa volonté en tant qu'adolescente est la même que celle qui nous habitait au même âge, et qui a sans doute habité tout un chacun durant cette période : le monde tel qu'il est est nul, il est ennuyeux, ne peut-on pas se passer de tout ce protocole désuet, etc.<br /><br />A cela, Sofia Coppola ajoute un parallèle entre la France d'alors et le monde d'aujourd'hui. Déjà les dirigeants sont décrits plus ou moins comme de simples rustres qui ont seulement eu la chance de bien naître, qui ne goûte nullement aux vrais plaisirs de l'art mais se font gorges chaudes lorsqu'il s'agît de colporter idée pré-conçues ou génériques, mais aussi ragots en tous genres.<br /><br />Au vu des ces propos, il est légitime que mon lecteur s'interroge quant à la véritable valeur artistique de l'ensemble. Et celle-ci est pourtant bien là. <i>Marie-Antoinette</i> est à mon avis le premier film de Sofia Coppola où elle fait preuve d'une maîtrise parfaite de ses talents de réalisation. Le film se fait en costume d'époque, mais les différents lieux et situations dépeints, sans parler de l'état d'esprit général, sont cependant très contemporains. La réalisatrice évite également de nombreux traquenards qui eussent pu peser sur le film en gardant toujours une image et une ambiance très fraîche, très enlevée.<br /><br />Au final, <i>Marie-Antoinette</i> s'avère être une excellente surprise, l'un des rares films réussis qu'il nous ait été donné de voir sur les turpitudes de l'adolescence. Il démontre aussi que Sofia Coppola réussi finalement à déployer toute la mesure d'un talent que l'on avait commencé à deviner dans <i><a href=http://www.magm3.com/v6/article-427-0.html>Lost in Translation</a></i>. Une excellente surprise, donc, qui sans être le film du siècle et sans doute encore moins celui de l'année, trouvera tout de même sa place dans votre vidéothèque et vous permettra de briller (un peu) en société.<br /><br /></description></item><item><title><i>There Will Be Blood</i> de Paul Thomas Anderson</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-680-0.html</link><pubDate>Fri, 29 Feb 2008 23:00:00</pubDate><description>Serions-nous en train d'assister à une espèce de renouveau d'un genre qui était presque complètement abandonné depuis quelques années : le western ? La question se pose, à mon avis, si l'on considère que ce les frères Cohen ont décidés de le moderniser, et que le nouvel opus de Paul Thomas Anderson s'y déroule entièrement.<br /><br /><i>There Will Be Blood</i> peut se traduire par "Ca va saigner", ou plus littéralement par "Il y aura du sang". Et effectivement, il va y avoir du sang.<br /><br />Le sang de la Terre d'abord, un sang noir, un sang épais, un sang nauséabond, qui prendra toute son importance au début du siècle avec l'essor du moteur à explosion. Un sang que des centaines de gens tenteront de drainer à travers les Etats-Unis, un sang qui peut faire leur fortune, et qui a fait celle de Daniel Plainview, l'un des acteurs principaux de cette fable, dont le rôle est endossé par Daniel Day-Lewis. <br /><br />On le rencontre tout d'abord au début du film, seul au fond d'un trou, cherchant quelque chose. On pense tout de suite à de l'or, puis on se rappelle le sujet du film, et l'on comprend immédiatement pétrole. Comme à son habitude, Paul Thomas Anderson place judicieusement les éléments nécessaires à la richesse de l'histoire, sans pour autant les rendre poussifs. Nous assistons donc à la spectaculaire ascension de notre prospecteur en quelques minutes qui disent tout ce qu'il faut savoir sur l'établissement de sa fortune.<br /><br />Il y aura du sang, disions-nous et ce sang, c'est aussi un sang rouge et épais, un sang précieux, un sang porteur d'avenir, le sang des hommes. Car le métier, à cette époque, est très loin d'être sans risque et les conditions de travail restent dures et éprouvantes. Les accidents de travail sont souvent mortels et violents. Ils mélangent le sang rouge des hommes au sang noir de la Terre.<br /><br />Et au delà du sang des ouvriers, c'est aussi le sang des profiteurs en tout genre qui sera versé. Le sang de ceux qui, dans ce pays encore sauvage qu'est l'ouest américain, tentent de s'approprier un bien qui n'est pas le leur, par des méthodes frauduleuses, mais aussi et surtout le sang qui coulera des affrontements. Et d'affrontement, il en est question dans le film.<br /><br />Car Daniel Plainview n'est pas un enfant de coeur, loin de là, et il devra affronter de nombreux obstacles pour arriver à ses fins, mais surtout il devra composer avec Eli Sunday (Paul Dano), prêcheur de l'église de la troisième révélation, qui sait embobiner ses ouailles les plus demandeuses de ferveur religieuse, mais qui sait aussi comment diriger sur le chemin qu'il voudrait juste ceux qui ne croient pas en Dieu, ou plutôt qui ne croient qu'en son Dieu, le dollar.<br /><br />Et c'est surtout sur cet affrontement entre deux très fortes personnalité que se construit le film dans une très large mesure, même si cette affrontement n'est qu'un squelette qu'il aura fallu revêtir d'une importante couche de chair. Mais Paul Thomas Anderson n'est plus novice en la matière, ses quatre films étant déjà construits sur ce schéma. Plutôt que de filmer une tranche d'histoire, ou de porter un jugement, Paul Thomas Anderson va donc filmer des Hommes, sans sous-entendre aucune morale ou aucun jugement, et ne va donner que les éléments nécessaires à la compréhension de l'évolution des personnages qu'il met en scène. Seule touche qui apparaissait dans ses trois premiers films et qui semble avoir presque disparu ici, un certain humour subtil qui contribuait à alléger un peu le propos. <br /><br />Point n'en était besoin ici, tant le film, qui dure tout de même 2h38 se regarde d'une traite, sans aucun temps mort, tant il permet une immersion totale. La seule trace que l'on aura véritablement remarqué, et qui résume tout Paul Thomas Anderson en trois mots, est la toute dernière phrase du film, que nous ne vous révélerons pas pour ne rien gâcher. Sachez simplement que ces trois mots, en anglais du moins, peuvent prendre une triple signification, et que c'est là que Paul Thomas Anderson trouve toute sa force. Faux chef-d'oeuvre ont dit certains, nous disons la tête haute que <i>There Will Be Blood</i> en est au contraire un vrai, parfaitement maîtrisé et joué, qui devrait marquer, si ce n'est déjà fait l'entrée de son réalisateur dans le petit cercles des grands.<br /></description></item><item><title>Parker démythifié</title><link>http://www.magm3.com/v6/article-679-0.html</link><pubDate>Sun, 24 Feb 2008 23:00:00</pubDate><description>Rares sont ceux qui sont capables de citer deux noms de critiques viticoles mais encore plus rares sont ceux qui ne pourront citer le nom de Robert Parker, ce <i>nez</i> devenu une véritable star internationale. Un homme qui fait depuis plus d'une décennie la pluie et le beau temps sur le marché international du vin faisant et défaisant la réputation de domaines pourtant parfois séculaires.<br /><br />Ancienne collaboratrice de Robert Parker, Hanna Agostini a pris la décision de révéler l'envers du décor à travers la plume de marie-Françoise Guichard. Vivisection du critique de près de 400 pages, <i>Robert Parker, anatomie d'un mythe</i> propose à la fois une biographie de Parker, une analyse de ses méthodes, une plongée dans son univers, dans ses relations et un état des lieux du monde viticole actuel.<br /><br />Si l'on devait résumer en quelques mots le travail de l'auteur, nous pourrions dire que cet ouvrage est une tentative de rationaliser le rapport du monde viticole à Robert Parker par le biais d'une démythification du travail du critique. Ceci se fait au travers d'une analyse détaillée et extrêmement bien documentée des méthodes de travail de Parker. Cependant, si l'analyse de méthodes de Parker est relativement succincte, ce sont surtout les contradictions et les erreurs de ce dernier qui font l'objet d'une étude minutieuse et quasi-obsessionnelle. C'est justement ce dernier point qui pose assez vite un problème à la lecture de l'ouvrage. En effet, si on ne doute pas une seule seconde de la véracité des faits présentés, ni de leur pertinence souvent indiscutable, on regrette souvent que l'auteur nous assène lourdement et à plusieurs reprises les mêmes épiphénomènes préférant souvent la répétition à la réflexion. On comprend très bien qu'une certaine rancoeur habite l'auteur mais certaines phrases apparaîtront réellement comme des bassesses insignifiantes et feront perdre le sens d'à propos de l'ensemble de l'ouvrage.<br /><br />A mon sens, le livre manque son sujet. En focalisant sur les erreurs et les contradictions de Robert Parker, le livre finit par centrer tout son propos sur une unique thématique dont la conclusion est simple: Parker est un homme au talent exceptionnel mais qui ne sait prendre la pleine mesure de ses responsabilités, ce qui n'est pas un scoop! On reprochera ainsi au critique de ne pas avoir su, malgré sa volonté affichée d'indépendance, ne pas se lier d'amitié avec certaines personnes (probablement intéressées certes) du monde du vin, d'avoir parfois fait usage de mauvais procédés éditoriaux, de faire preuve d'un certain esprit revanchard, etc... Bref, Parker apparaît simplement comme un être humain dont certains aimeraient bien qu'il soit une machine parfaitement fiable à noter les vins. <br /><br />S'il ne faut bien entendu pas victimiser Parker, il semble que le fond du débat ne se place pas tant sur la qualité de son travail et sur l'intégrité du personnage qui sont tous deux très bons mais plus sur le rapport totalement inconsidéré que le monde du vin a développé vis à vis de ses ouvrages. Il eut été bon de parler de l'incroyable course au profit qui habite certains négociants, de certains spéculateurs qui gangrènent le système et de certains amateurs richissimes incapables de choisir une bonne bouteille seule et qui ne se sentent à l'aise que dans un système commercial dont Parker n'est qu'un média.<br /><br />Le livre d'Hanna Agostini est donc un livre qui ne trouve donc son intérêt que dans la myriade de détails qui dépeignent en filigrane le monde du vin mais qui semble manquer réellement son sujet. Le style journalistique parfaitement bien documenté est agréable quoique peu pédagogique mais les longues dithyrambes revanchardes agaceront tout de même le lecteur à la longue, noyant malheureusement quelques précieuses informations dans le texte.</description></item></channel></rss>