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Rip! A remix Manifesto, de Brett Gaylor

Posté le 21 octobre 2010

Tout d'abord, pour nos amis non anglophones, traduisons le titre : Rip! Un manifeste du remix. Et là, lecteur, tout esbaudi que tu es, malgré tes yeux écarquillés, tu te dis : "un manifeste ? Mais les mots clés indiquent un documentaire". Ne t'en fais pas ami lecteur, tu as tout à fait raison. Rip est à la fois un documentaire et un manifeste. Manifeste en ce qu'il prend clairement position, et j'entends par là qu'il défend une certaine vision, un point de vue sur un sujet bien précis. Documentaire, car bien évidemment, pour que toi, lecteur, qui après avoir lu cet article va te précipiter pour voir ce documentaire, comprenne tous les tenants et aboutissants du manifeste, il faut bien en expliquer l'origine, les acteurs, le combat, le but.

"Si c'est un manifeste, quels en sont les points fondamentaux ?" Ah, lecteur, tu es perspicace, on ne te la fais pas à toi. Tu veux tout savoir dans les moindres détails afin de décider si les 80 et quelques minutes du film en valent la peine. Et c'est tout à ton honneur. Voilà donc pour toi la traduction du manifeste, qui et écrit sur la petite vignette en haut à droite (qui est peut-être visible en moins petit en cliquant dessus, mais au moment où je tape ces quelques mots, je n'en ai vraiment pas la moindre idée).

1. La culture se construit toujours sur le passé
2. Le passé tente toujours de contrôler le futur
3. Notre futur devient de moins en moins libre
4. Pour construire des sociétés libres, il faut limiter le contrôle du passé.

C'est sur ces quatre point que s'articule le documentaire. Et pour faire la démonstration de ce qui y est exposé, le réalisateur décide de le faire essentiellement à travers la musique d'un jeune remixeur et musicien de mash-up : Girl's Talk. Pourquoi lui , D'abord parce que de l'aveu même du réalisateur, ce dernier est un fan de le musique du premier (pas moi, mais bon, je n'ai pas vraiment grand chose contre non plus, les goûts et les couleurs, hein...). Ensuite parce que dans sa vie diurne de pendant qu'il était filmé, Girl's Talk est un jeune laborantin pratiquant la recherche pharmaceutique; et dans cette pratique, il se heurte très souvent à des brevets divers et variés, et sait donc bien les problèmes que ceux-ci posent.

Car la partie documentaire porte essentiellement sur les brevets et les copyrights, et les lois qui les imposent soutiennent tentent de les faire appliquer, ainsi, bien évidemment que leurs conséquences. Mais comme le film est partisan (forcément, c'est un manifeste, essaie de suivre, lecteur distrait), toute l'histoire des brevets et protection qui est donnée sert essentiellement à montrer que des solutions alternatives existent, et que les conséquences en sont nettement moins graves.

Dans l'ensemble, ça donne un documentaire partisan (oui je me répète, mais c'est important) où l'on voit un ministre de la culture clamer que la culture se créé sur la base du partage (eh non, il est pas français), où l'on voit un membre de Metallica affirmer que les droits d'auteurs sont une question de contrôle sur les oeuvres, et ou l'on voit en face dudit Metallicacien Chuck D. de Public Ennemy affirmer que l'échantillonnage n'est finalement qu'une prise de pouvoir par le peuple (un peu comme dans un certain pays à partir de 1789, mais en moins violent quand même). On y voit aussi Lawrence Lessig, avocat de son état (et sans doute de toute la Fédération Américaine), l'un des artisans des licences dites Creative Commons, qui vise à la protection des droits des auteurs tout en permettant le partage des oeuvres (pour plus d'informations à ce sujet, voir : http://fr.creativecommons.org).

Sous ses aspects qui pourraient paraître peu reluisants aux yeux de la plupart, Rip! A Remix Manifesto met en fait les choses en place de manière assez nécessaire, et ne fait que promouvoir une certaine idée du partage et de la culture, idées qui sont assez similaires à celles qui animent les créateurs de logiciels libres comme Richard Stallman. Le tout est bien évidemment visible gratuitement sur le site de l'Office National du Film Canadien en streaming. Et le réalisateur faisant prenant le parti de la défense des remixeurs, vous trouverez sur la page du film un lien vous permettant de procéder à votre propre remix du film, afin de l'enrichir vous-même de votre contribution créative. Que demande le peuple ? Plus de créativité.

http://www.onf.ca/film/RiP_remix_manifesto

P.S. : contrairement à ce que j'affirme plus haut, j'ai décidé de mettre la vignette illustrative à gauche, ce qui me paraît soudainement plus cohérent.

Posté par tibo

Co-fondateur du projet, passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la culture au sens large, des jeux vidéo aux arts graphiques en passant par la musique, je cherche avant tout à faire partager mes coups de coeurs tout en découvrant de nouveaux sujets.