Magm3 guide informel de nouvelles cultures depuis le siècle dernier

James Blake

Posté le 4 décembre 2010

En à peine un an d'existence musicale, James Blake a déjà signé quatre EPs sur des labels montants comme Hemlock Recordings ou Hessle Audio mais aussi sur le mythique label R&S Records où Aphex Twin signait ses premiers titres en 1992. Ancien collaborateur de Mount Kimbie, James Blake se retrouve naturellement classé sur la scène dubstep, mais sa musique relève tout autant de l'electronica, de l'ambient et... de la chanson de charme.

Dans son premier EP (Air & Lack Thereof, Hemlock, 2009) James Blake développe un dubstep étrange et dissonant, installant une atmosphère lourde et dérangeante. On y voit ainsi poindre une personnalité forte mais il faudra attendre les sorties suivantes pour trouver la maturité qui fait la réelle richesse de l'artiste.

Dans CMYK EP, sorti en 2010 sur R&S, James Blake s'affirme pleinement et propose quatre titres aliens quittant les sonorités dubstep traditionnelles. Loin des boucles répétitives et hypnotiques, James Blake nous raconte quatre histoires douces et mélancoliques. Les samples de voix, vocodées, filtrées et pitchées à souhait jouent un rôle prépondérant dans le développement de cette atmosphère unique, feutrée comme du G-Stone, mélancolique comme du Third Eye Foundation et virtuose comme du Karsten Pflum.

Sa seconde sortie sur R&S, intitulée Klawierwerke EP, continue cette exploration sonore d'un point de vue plus minimaliste. Les filtres plongent la musique de James Blake dans une atmosphère éthérée qui se développe à travers des genres différents. Que ce soit la techno/dub minimaliste, l'electronica mélancolique façon islandaise ou l'ambient pure, James Blake semble savoir tirer le meilleur parti de tous ces genres pour dessiner son monde musical.

Peuplé des mêmes influences, The Bell Sketch, sorti sur Hessle Audio, abandonne les filtres pour choisir des sons plus francs et une musique moins fluide, plus saccadée et bien plus dédiée au mix que ses deux sorties sur R&S.  On retrouve donc une atmosphère plutôt proche de sa première sortie sur Hemlock. A ceci près que la musique trouve la chaleur que son premier EP avait oubliée et développe finalement une musique "sexy" qui n'est pas sans rappeler les bons moments de Jimmy Edgar.

Deux facettes donc se dessinent pour cet artiste. La première, que je recommande très vivement, correspondant aux sorties sur R&S, feutrées et purement dédiées à l'écoute. La seconde, aux sonorités plus franches, s'adressent plutôt aux amateurs habituels de dubstep. Mais à ces deux aspects, il faut maintenant en rajouter un troisième : celle du chanteur de charme. La vidéo suivante parle d'elle-même.

James Blake - Limit To Your Love postée par James Blake sur Vimeo.

Il semble donc que nous n'en ayons pas fini avec les surprises concoctées par cet artiste à la créativité débordante...

James Blake:

Posté par greg

Co-fondateur du m:3. Amateur de musiques électroniques, en particulier de musiques minimalistes et abstraites. Toujours à la recherche de l'underground et opposé à l'idée même d'"industrie culturelle". Mathématicien le jour, DJ la nuit. Après avoir vécu dans la capitale des Gaules, de la France et au Québec, s'est exilé dans la Caraïbe pour cacher la fortune amassée grâce à ses recherches fondamentales et à ses concerts, il semble cependant miraculeusement absent des fichiers Offshore Leaks.
Commentaires (0) Trackbacks (0)

Aucun commentaire pour l'instant


Leave a comment

Aucun trackbacks pour l'instant